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mercredi 1 septembre 2010

La Chose d'un autre monde - The Thing from another world, Howard Hawks & Christian Nyby


Des scientifiques découvrent un vaisseau spatial prisonnier de la banquise arctique. En tentant de l'en extraire à l'aide de bombes thermiques, ils le détruisent. Néanmoins, ils décèlent sous la glace un corps extraterrestre. Ils ramènent le specimen, figé dans un bloc de glace, à leur base. Lorsque ce dernier fond accidentellement, libérant du même coup "la chose", toute la population de la base est menacée.

Inspiré de la nouvelle Who Goes There? de Joseph W. Campbell (dont n'est finalement conservé que le point de départ le remake de John Carpenter est plus fidèle) La Chose qui voyait Hawks s'essayer à la série B fantastique et offrir un grand classique du genre. La paternité du film n'est pas clairement déterminée puisque Christian Niby monteur habituel de Hawks se voit donner sa chance par le Maître à la réalisation, même si ce dernier co écrit le scénario (épaulé par le fidèle Ben Hecht) et supervise toute les étapes de la production. sans vouloir minimiser le rôle certain que Niby a certainement dû avoir malgré tout, le film porte réellement l'empreinte de Hawks.

Dès le début, l'aspect léger et badin entre les échanges décontractés entre les militaires, la relation espiègle entre Margaret Sheridan et Kenneth Tobey nous sont bien familier. On retrouve l'excellence de Hawks à dépeindre un environnement de camaraderie masculine et une une amourette piquante. Entre le soldat bourru et attachant incarné par Tobey, Scotty le journaliste frustré et quelques autres les traits les plus affirmés des différents protagoniste sont distillé avec limpidité et simplicité.

La grande force du film, c'est de ne jamais se dépareiller de cette étonnante décontraction tout en délivrant un récit réellement étrange et angoissant. La construction est remarquable dans sa montée d'intensité, suscitant le mystère lors de la découverte de la soucoupe, la surprise puis la terreur pur lorsque son hôte manifeste ces facultés néfaste. On reste dans la tradition RKO en montrant le moins possible la "chose" (au contraire de l'approche extravagante de la version Carpenter), ces trois réelles apparitions (une brève silhouette, une ombre menaçante puis un prédateur inhumain) étant de plus brusques et terrifiante, remarquable.

On a beaucoup dit que la "chose" représentait la menace communiste ce qui est vrai par certain aspects (le fait qu'elle s'infiltre parmi nous en se nourrissant de sang, se régénérant et multipliant) mais c'est réellement dans d'autres classiques SF de cette décennie redevable au film de Hawks que ce sous texte se précisera (comme "L'Invasion des profanateurs de Sépultures" d Siegel qui reprend l'idée d'extraterrestre d'origine végétale) alors que l'on ne ressent ici que la volonté de délivrer un bon suspense.

Une belle réussite qui pose d'ailleurs la base de quelques clichés récurrents du genre, tel l'institution de l'armée voulant préserver la découverte au détriment de la survie humaine ou encore le savant illuminé incarné par Robert Cornthwaite. Carpenter en réalisera un remake fabuleux, paranoiaque, cauchemardesque et glacial bien plus tard.

Sorti en dvd zone 2 français au éditions Montparnasse


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