Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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lundi 11 octobre 2010

Stand by me - Rob Reiner (1986)


Eté 1959. Oregon.

Quatre garçons d'une douzaine d'années (Gordie Lachance, Chris Chambers, Teddy Duchamp et Vern Tessio) partent à la recherche du corps d'un enfant de leur âge, Ray Brower, en suivant les rails d'un train dans l'espoir de passer dans les journaux grâce à leur découverte.

Le chemin qu'ils auront à parcourir symbolisera leur passage de l'enfance à l'adolescence.


Sans doute le chef d'oeuvre d'un Rob Reiner touché par la grâce durant les 80's puisque dans des registres toujours différents les sommets Spinal Tap, Princess Bride, Quand Harry Rencontre sally et Misery côtoient ce poignant Stand By Me durant la même période. Le film adapte la nouvelle de Stephen King Le Corps issue du recueil Différentes Saisons. Le maître de l'horreur glissait toujours une large part d'autobiographie dans ses romans et si ils s'avéraient si terrifiants et prenants, c'est par la profonde part d'humanité qu'il conférait à ses personnages en faisant partager leurs quotidien et pensées ordinaires les rendant proche du lecteur avant que le surnaturel n'apparaisse. Le recueil Différentes Saisons est du coup un peu à part dans son oeuvre puisque privilégiant cette facette simple et à échelle humaine dont outre Stand By me seront tiré deux autres très bons films, Les Evadés de Frank Darabont et dans une moindre mesure Un Elève Doué de Bryan Singer.

A travers le périple de ce groupe de gamins pour retrouver le cadavre d'un camarade, le récit dessine ce moment clé (et la période des vacances scolaires d'été n'est pas anodine) cet entre deux entre l'enfance et l'adolescence où la personnalité, les centres d'intérêt et le rapport aux autres est encore flou. Nos héros sont donc déjà préoccupés par les filles mais le récit totalement imprégné par la camaraderie masculine tandis les états d'âmes existentiels et si important à cet âge côtoient les échanges les plus léger et puérils.

De cette base universelle, problématiques personnelles et personnages forts se dégagent. Gordie (Will Wheaton) se remet difficilement de la mort de son frère et de l'indifférence à son de ses parents qui adulaient le disparu. Pour Chris (River Phoenix) il s'agit de dépasser le destin peu glorieux qu'on lui destine à cause de la réputation de sa famille hors la loi. Teddy (Corey Feldman) lui est un enfant perturbé et imprévisible à cause des maltraitances infligés par son père. Plus en retrait car moins torturé, Vern (Jerry O Connell méconnaissable) offre quand à lui la caution plus légère et comique indispensable au film.

Tout cela se révèle progressivement à travers un récit léger, drôle et insouciant où ces zones d'ombres sont amenées par les prestations fabuleuses du jeune casting. River Phoenix est le plus brillant du lot charismatique, fort et fragile à la fois (formidable scène de confession sur le vol de l'argent du lait) et à la présence magnétique qui laissait déjà deviner la grande star qu'il allait devenir. On ne peut d'ailleurs s'empêcher d'avoir un pincement en faisant le parallèle entre le destin de son personnage et ce qui lui est arrivé dans la réalité.

Reiner offre un road movie envoûtant et nimbé de nostalgie, que ce soit la photo de Tom Del Ruth magnifiant dans la perfection du souvenir les paysages traversées par le quatuor, la bande son truffée de hits rock'n'roll ou la voix off de Richard Dreyfuss apportant un recul et une mélancolie sublime à cette époque bénie. Une magnifique ode au temps qui passe et à l'enfance qui a rarement été mieux captées au cinéma, tout en finesse et réellement touchante. Une des grandes réussites de Reiner qui outre ses quatre jeunes héros révélaient aussi d'autres grands à venir tel John Cusack en grand frère disparu ou Kiefer Sutherland en petit frappe menaçante.

Sorti en dvd zone 2 français

2 commentaires:

  1. Je l'ai découvert (je ne l'avais jamais vu !) au cinéma il y a quelques mois, un très beau film sur l'adolescence effectivement, et la mélancolie qui l'accompagne.

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  2. Excellent d'avoir tout de même pu le découvrir en salle ! Vraiment dommage que Reiner ait tant décliné depuis...

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