Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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mercredi 6 octobre 2010

As You Like It - Kenneth Branagh (2006)


Avec cette production tv HBO, Kenneth Branagh signait là sa dernière adaptation filmée de Shakespeare à ce jour avec Comme il vous plaira. Le film est malheureusement le symbole de son déclin des années 2000 tant ce qui faisait la réussite de ses précédentes tentatives s'avère poussif ici. Le film ne manque pourtant pas d'idée. Alors qu'on pensait qu'il ne pouvait pas aller plus loin que la transposition en comédie musicale de Peines d'amours perdues, Branagh ose carrément ici remplacer le cadre de la pièce par le Japon XIXe où un casting occidental grimé va se démener dans un cadre et en costume nippon. Fausse bonne idée malheureusement car utilisée de manière très superficielle.

Alors que dans Peines d'amours perdues il prenait à bras le corps son choix de faire une comédie musicale et l'assumait de bout en bout, ici ça n'a que des vertus esthétiques qui surprennent au début mais qui n'ont aucune incidence sur la tonalité ou la narration, le tout aurait pu être raconté dans un cadre anglais sans que ça change grand chose (c'est particulièrement vrai pour toute la partie en forêt). L'esthétique parlons en d'ailleurs, dans Hamlet ou Beaucoup de bruit pour rien on devinait un certain goût de Branagh pour le rococo qu'il parvenait heureusement à doser et là avec un cadre japonais ça ne fait ni authentique, ni gentiment décalé mais juste très kitsch malgré une recherche manifeste dans la photo (criarde) et les décors. Le style grandiloquent et excessif si identifiable du réalisateur est aux abonnés absent et la mise en scène s''avère assez plate et télévisuelle.

L'intrigue est une nouvelle fois très fidèle à la pièce avec un début jouant sur les antagonismes fraternels passés et présent avant de partir dans un joyeux jeu de marivaudage pour ce qui est une des pièces les plus légères de Shakespeare. Là aussi le rythme poussif, les personnages secondaires mal intégré (l'histoire avec Afred Molina agace plus qu'autre chose) et l'intrigue principal entre Rosalind et Orlando déséquilibré peinent à susciter l'intérêt. Le début du film assez sombre avait pourtant bien posé les enjeux mais le tout s'englue assez vite.

On sent une réelle volonté de retrouver la légereté de Beaucoup de bruit pour rien mais la ça ne prend pas. Pourtant contrairement à Peine d'amour perdues l'interprétation est de premier ordre. Bryce Dallas Howard en Rosalind est tout en candeur et espièglerie idéalement secondé par l'excellente Romolai Garai (découverte dans le joli Angel de François Ozon) et les seconds rôle prestigieux s'en sortent bien comme Kevin Kline (récompensé du Screen actors award) en Jacques ou Alfred Molina en fou. Branagh semble vraiment avoir perdu sa formule magique (on ne va pas rappeler son désastreux remake du Limier de Mankiewicz) espérons que la futur adaptation de Thor à venir le relance.


Inédit en France où il n'a pas bénéficié d'une sortie salle. Disponible en dvd zone 1 doté de sous titres français.

6 commentaires:

  1. Aïe, je ne l'ai pas vu, et tu ne me donnes pas envie... Par contre pour ma part j'ai apprécié son remake du Limier, étonnamment !

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  2. Ah tellement attaché à l'orignal de Mankiewicz, ça n'était pas passé pour moi on en est loin. D'ailleurs toujours sur Branagh la boucle devrait être bouclé prochainement puisqu'il va incarner bientôt Laurence Olivier autre grand obsessionnel de Shakespeare...

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  3. J'ai déjà entendu parler de cette adaptation - en mal. Ce n'est donc pas ce billet qui me donnera envie de regarder cette adaptation, même si j'aime moi aussi beaucoup Romola Garai. Kenneth Branagh semble effectivement inscrire ses pas dans ceux de Laurence Olivier, c'est assez amusant...

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  4. Oui j'ai effectivement vu cela ! Qui mieux que Branagh pour incarner Olivier, finalement ? Bon choix !

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  5. Merci Justin de nous avoir fait connaître ce film!
    Je pense que le cadre japonais n'apporte pas grand chose et même peut-être gênant par le choix "diversifié" des acteurs... Certes les histoires d'amour sont intemporelles, mais on sent trop le procédé, la recherche d'originalité à tout prix.
    Quand on aime les précédents films shakespeariens de Branagh, la déception est sensible, mais on peut se raccrocher comme je l'ai fait à la musique du texte; le jeu des acteurs est toujours excellent, excepté pour les minauderies des deux actrices dans leurs marivaudages en forêt, je les ai trouvées agaçantes...
    Inconvénient (qui peut se transformer en avantage) : je me suis procuré le DVD dont la jaquette est identique à la photo du haut de la page, c'est un DVD zone 2 ET IL N'Y A PAS DE SOUS-TITRES FRANÇAIS. Heureusement, il y a les sous-titres en anglais pour malentendants. Eh bien écouter Shakespeare et le lire EN MÊME TEMPS, c'est intéressant!
    Isabelle

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  6. Ah vous avez dû avoir le dvd zone 2 anglais je pense le zone 1 a bien des sous-titres français mais c'est que l'expérience est agréable si on ne perd pas trop vite pied en anglais ^^. Sinon oui le cadre japonais est trop artificiel et a trop peu d'incidence sur la manière de raconter l'histoire, pour du Shakespeare au Japon autant revoir l'immense "Château de l'Araignée" de Kurosawa !

    J'espère quand même que Branagh reviendra un jour à Shakespeare qu'on ne reste pas sur ce raté, d'autant qu'il semble retrouver une certaine inspiration j'ai plutôt apprécié son "Thor".

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