Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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lundi 4 octobre 2010

Comanche Station - Budd Boetticher (1960)


Jefferson Cody se rend chez les indiens pour leur acheter une femme blanche qu'ils gardent captive. Elle lui apprend se nommer Nancy Lowe. Sur le chemin du retour, il et elle sont rejoints par Ben Lane et ses deux hommes de main, Frank et Dobie. Ils fuyaient tous les trois une bande d'indiens qui les pourchassaient.
Lane apprend à Mrs Lowe que son mari a promis 5 000 $ à quiconque la ramènerait chez lui. Bien que Jeff affirme ne pas avoir connaissance de cette récompense, elle n'en croit pas un mot et perd la gratitude qu'elle avait pour son sauveur.


Ultime film du cycle Ranown et quasi chant du cygne pour Budd Boetticher qui va connaître bien des déconvenues de carrières dans les années à venir. Pour ce dernier tour de piste, le scénario de Burt Kennedy semble condenser et offrir une relecture de toute les facettes des films précédents du cycle que ce soit la trame (unité de temps de quelques jours, course poursuite comme dans Ride Lonesome), la caractérisation des personnages (l'antagonisme entre Randolph Scott et Claude Akins semblable à Ride Lonesome encore avec Pernell Roberts, Randolph Scott qui n'en finit pas d'être traumatisé par la perte de sa femme comme dans tous les films, l'histoire d'amour platonique avec Nancy Gate) quand ce n'est pas carrément des variations de scènes déjà vues tel ce monologue à double sens de Claude Akins qui rappelle celui (bien plus corsé) de Lee Marvin dans 7 hommes à abattre .

Cela pourrait être lassant pour qui connaît bien les films précédent mais il n'en est rien. La construction est une nouvelle fois exemplaire, partant de l'infiniment petit (Scott écumant seul le désert) vers des enjeux prenant où la prisonnière des comanches fraîchement délivrée devient source de conflit entre Scott et une bande hors la loi sans scrupule pour la prime de 5000 dollars promise à son sauveur. Randolph Scott solide comme un roc dévoile comme à son habitude une douce mélancolie, le deuil de sa femme se jouant aussi dans l'accomplissement de cette mission?

On retrouve cette tradition du vieil Ouest et du respect de l'autre dans le script de Kennedy, Akins malgré ses noirs dessein désirant en finir avec Scott à la loyale d'où ce moment (invraisemblable si on est trop cynique) où il vole à son secours lorsqu'il est pris au piège par les comanche alors qu'il lui suffirait de le laisser se faire tuer pour empocher la prime. De même les états d'âmes (un peu naïfs) des deux jeunes acolytes du méchant évite un manichéisme primaire, avec Boetticher les personnages et les enjeux sont toujours aussi complexe et contradictoires que la nature humaine sous les allures de série B simple (et pas simpliste.

Pour la seconde fois en scope après Ride Lonesome, ce dernier film est sans doute un des plus abouti du cycle visuellement. La première séquence où Scott se retrouve soudainement encerclé de comanche est saisissante, l'affrontement dans la station relai est d'une nervosité et d'une énergie exemplaire et Boetticher offre en conclusion un duel aussi bref qu'efficace et vraiment touchant (même s'il n'égale celui indépassable de Sept hommes à abattre qui tutoie lui Vera Cruz dans les sommets du genre).

On notera une certaines pointe d'érotisme latent dans la manière de filmer Nancy Gate, enjeux pécunier comme charnel (ce moment où elle sort de la bassine d'eau sous le regard concupiscent des hommes, les diverses remarques sur son physique) mais la solide prestation de l'actrice lui fait dépasser ce statut limité. Superbe etpoignante scène d'adieux et de retrouvailles finale (et un échange de regard entre Nacy Gate et Randolph Scott qui en dit long) avant de voir Randolph Scott éternel cavalier solitaire s'éloigner sous forme de silhouette dans les rocheuses et avec lui un certain idéal de ce type de western classique. Splendide.


Disponible dans le coffret zone 1 consacré à Budd Boetticher comme tout les autres films du réalisateur déjà évoqués sur le blog. Indispensable !


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