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vendredi 29 octobre 2010

The Fall - Tarsem Singh (2006)


Los Angeles, années 1920. Alexandria, cinq ans, est hospitalisée à la suite d'une chute. Elle se lie d'amitié avec Roy, cascadeur à Hollywood, lui aussi victime d'un accident. Le jeune homme se lance dans le récit d'une histoire épique avec le gouverneur Odieux et les 5 fantastiques déterminés à le combattre. Très vite, la frontière entre la réalité et ce monde éblouissant de magie et de mythes commence à disparaître quand la petite Alexandra réalise qu'il existe un véritable enjeu...

Ancien clippeur renommé (dont le célèbre clip de Losing my religion de REM) Tarsem Singh eut enfin l'occasion de déployer son génie visuel pour le cinéma en 2000 pour le film The Cell. Le film narrait comment à l'aide du machine révolutionnaire la psychologue incarnée par Jennifer Lopez pénétrait dans l'esprit d'un serial killer afin de localiser dans son inconscient le lieu où il avait caché une jeune otage. Le pitch était donc prétexte à un déploiement visuel stupéfiant afin de dépeindre la psyché torturé du tueur incarné par Vincent D'Onofrio. C'était d'ailleurs là la grosse limite du film, passé sa grande réussite plastique ce n'était qu'un policier de plus à l'intrigue rebattue.

Pour son second film The Fall, Tarsem mis beaucoup plus de lui même puisqu'il officie ici en tant scénariste, producteur (finançant une grande partie de sa propre poche même s'il eut le soutient de ses amis Spike Jonze et David Fincher) pour un tournage aussi épique que l'histoire qu'il raconte dans plus de 20 pays. Le récit narre la rencontre dans un hôpital d'une petite fille au bras cassé et d'un jeune cascadeur victime d'un accident sur un tournage.

Une amitié se noue entre eux quand l'adulte captive l'enfant en lui racontant les fantastiques aventures du Bandit Masqué, le Mystique, l'ancien esclave, Darwin et l'armurier Luigi en lutte contre l'infâme Odieux. Pourtant très rapidement des révélations progressives sur le passé des deux héros amène une certaine contamination dans le conte. On découvrira ainsi que Roy (Lee Pace) nature torturée a fait une tentative de suicide par chagrin d'amour et que la jeune Alexandria a perdu son père dans des circonstances dramatiques quelques années plus tôt.

Thématiquement, on est très proche du chef d'oeuvre de Terry Gilliam Les Aventures du Baron de Münchausen. On retrouve le regard enfantin magnifiant les héros imaginaires qui sont des transpositions de personnes croisées dans la réalité. De même, l'état d'esprit du narrateur dans le monde réel influant sur les différentes directions et tonalité que peut prendre le récit dans le récit est une idée commune aux deux films. Mais alors que chez Gilliam cela est est prétexte à un ébouriffant et foisonnant film d'aventure (avec en toile de fond une vrai réflexion sur le pouvoir de l'imaginaire amorcée dans Brazil et Bandits Bandits) Tarsem délivre lui une histoire profondément intimiste.

La naïveté et la candeur de la petite fille s'oppose ainsi constamment à l'humeur dépressive de Roy qui fait ainsi basculer le conte de rêve éveillé hypnotique et charmant à une pure atmosphère cauchemardesque et sombre selon la personnalité dominante dans le conte. Ce récit épique parallèle ne pourra se résoudre que quand Alexandria aura réussi à persuader Roy de vaincre ses démons et qu'elle même aura su oublier ses douleurs passées plus insideuses et subtiles dans la narration du fait de son jeune âge.

Le tournage pris plus de quatre ans et comme déjà dit s'étala dans tout les coins du globe. Le résultat à l'écran est tout simplement stupéfiant et en fait réellement un des plus beaux film des année 20000. Tarsem filme des coins incroyablement reculées parfois jamais vus au cinéma, déserts monumentaux, forêt foisonnante, bâtisse à l'architecture déroutante situées dans des lieux inédits (le château situé plein milieu de l'océan) ... Bien que tous existants (et retouché numériquement sans les dénaturer) ces différents cadres où se déroule le conte contribue au côté dépaysant et fantastique du film porté par la mise en scène contemplative de Tarsem et la photo prodigieuse de Colin Watkinson.

Les costumes très inventifs de Eiko Ishioka (habituée de Tarsem sur The Cell et des clip pour Bjork et responsable des costumes du Mishima de Paul Schrader et Dracula de Coppola) renforce ses atouts porté par l'utilisation récurrente de la 7e symphonie de Beethoven accompagnant les superbes images. Les ambiances grandiloquentes du conte se partage donc aux moments plus intimistes de l'hôpital, certaines idées folle venant perturber cette alternance comme une séquence en stop motion. Là on sent une énorme influence du cultissime film documentaire Baraka de Ron Fricke dont Tarsem reprend certains passages à l'identique.

C'est pourtant encore et toujours la pure émotion qui nous guide tout au long du film et atteint des sommet lors de la conclusion. Alexandria suppliant l'autodestructeur Roy de ne pas tuer les héros qu'ils ont créés, la mort d'un singe éveillant une tristesse inattendu soit autant de moments puissants et poignants où la petite Catinca Untaru et Lee Pace (anecdote amusante il simula tout le tournage à la demande du réalisateur d'être réellement paraplégique) délivre de formidable interprétations. Méconnu en France et n'ayant scandaleusement pas bénéficié d'une sortie salle, un bel ode à l'imagination, au cinéma (le final en hommage à tout les cascadeurs du splapstick) et incitant aux voyage pour voir de ses yeux tous les étranges et magnifiques lieux aperçus...



Sorti en dvd zone 2 français chez M6 vidéo

5 commentaires:

  1. Je suis tombé dessus récemment dans un rayon DVD, découvrant qu'il était sorti. L'excitation s'est mêlée à la déception de ne pas avoir vu le film sortir en salle. Je ne l'ai pas encore acheté / vu, mais je compte bien mettre la main dessus !

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  2. Tu m'étonnes sacré regret que ça n'ai pas eu droit à une sortie en salle, la claque aurait été encore plus grande ! Ca doit vraiment faire son effet dans certains décors monunmentaux...

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  3. Je l'avais vu au cinéma à l'étranger. Je crois que c'est le plus beau film que j'ai eu la chance de voir. J'étais vraiment très content, pour ne pas dire émue. Le film est une merveille, une déclaration d'amour au cinéma et à la vie. Ce que j'en dit semble bateau, mais il n'y à rien d'autre à dire. Peut importe si il est un peu long vers la fin ou trop référencés. Ce film est tout une expérience.

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  4. Un jour, Singh sera enfin reconnu comme un grand metteur en scène ; pour l'instant, il est sans cesse dénigré, faiseur de clip, pubard, juste un illustrateur... Sa constante richesse visuelle le hisse pourtant, largement, au-dessus de tous les faiseurs qui hantent Hollywood (même Les immortels a quelque chose de réussi, c'est dire !). The fall est sans conteste son chef-d'oeuvre, l'aboutissement de son travail formel et de sa collaboration parfaite avec la grande Eiko Ishioka.

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  5. Les Immortels avait de vraies fulgurances (le final façon fresque de Caravage fabuleux) mais était très inégal et alors j'ai été très déçu par son Blanche Neige ( l'autre version concurrente avec Kristen Stewart avait de plus belles images et une ambiance dark médiévale très réussie même si ça pompait pas mal Miyazaki). Tarsem il lui faut vraiment un vrai scénario pour que ça ne fasse pas livre d'image creux quand c'est le cas le résultat est fabuleux comme The Fall ou The Cell.

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