Dévoreur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que cela intéresse tout mes visionnages de classiques, coup de coeur et curiosités. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau film et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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jeudi 2 septembre 2021

Ultimate Game - Gamer, Mark Neveldine et Brian Taylor (2009)

Dans un futur proche, les nouvelles technologies ont fait évoluer le jeu vidéo. Le principe créé pour le jeu "Les Sims" est appliqué à des êtres humains qui sont manipulés par des joueurs en ligne.
Le milliardaire Ken Castle a créé le divertissement ultime : "Slayers", un jeu vidéo dans lequel des condamnés à mort, guidés à distance par des joueurs en ligne, s'entretuent lors de combats diffusés sur les écrans du monde entier. S'ils survivent à 30 épreuves, ils retrouveront leur liberté.

Le duo de réalisateurs Neveldine/Taylor avait fait sensation dans le monde du cinéma d’action avec leur premier film, Hyper tension. Le pitch astucieux voyait Jason Statham, victime d’un poison mortel, obligé de stimuler constamment son adrénaline pour en atténuer les effets dans une ébouriffante course contre la montre. Ce Speed humain autorisait donc tous les dérapages trash, violents et outranciers possibles avec un Statham qui, pour se maintenir en vie, sniffait des kilos de coke, s’infligeait sans faillir de hauts voltages d’électrochoc ou encore couchait avec sa petite amie en plein quartier de Chinatown devant des passant médusés. Le tout dans un filmage des plus confus, censé retranscrire l’état mental et physique de son héros. Ce spectacle outrancier et vulgaire était aussi consternant que génial mais faisait du bien à un cinéma d’action bien timoré par les Jason Bourne et rappelait le temps des métrages bruyants et excessifs des 80’s et les scripts chargés de langage ordurier d’un Shane Black. Ce Ultimate Game permettait de voir ce que valaient les réalisateurs dans un autre registre. 

On déchante assez rapidement devant un univers SF peu original, ressassant des thématiques rabâchées. Le film semble être un gros mélange entre le Avalon de Mamoru Oshii (pour l’univers du jeu vidéo et le monde virtuel), La Course à la mort de l’an 2000 pour l’aspect violence comme opium du peuple (avec des emprunts flagrants au récent remake de Paul Anderson), voire le Ultraviolet de Kurt Wimmer (gros nanar futuriste flashy du début de la décennie) pour l’esthétique criarde et vulgaire. Le traitement aurait pu faire la différence, mais ici, il enfonce un peu plus le tout. On devine ce qu’ont voulu faire les réalisateurs, mais c’est raté. Souhaitant retranscrire visuellement tout l’aspect putassier et vulgaire des spectacles télévisuels abrutissant le peuple, le récit adopte un ton surchargé de couleurs, au montage hystérique et à la réalisation confuse, rapidement éreintante pour le spectateur. A la manière de Hyper Tension, le souhait était de retranscrire l’aspect sensitif des personnages plongés dans les mondes virtuels, mais le tout n’est pas assez pensé pour être cohérent et compréhensible à l’écran. Certaines tentatives de transposer la vulgarité de Hyper Tension sont aussi particulièrement malvenues, telle cette évasion où Gerard Butler termine une bouteille de whisky qu’il va ensuite recracher puis uriner dans le réservoir d’une voiture pour la faire démarrer et s’évader. 

Le seul point à sauver serait l’interprétation des deux héros. Gerard Butler apporte sa présence solide et virile gagnée dans 300 et surtout Michael C. Hall, loin du taciturne Dexter, offre un réjouissant cabotinage dans ce rôle de méchant omniscient et imbu de lui-même, dont une étonnante scène de danse. La suite de carrière piteuse de Neveldine/Taylor prouva que les espoirs placés en eux étaient infondés. 

Sorti en bluray et dvd zone 2 français chez TF Studio

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