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lundi 24 octobre 2011

La Piste des éléphants - Elephant Walk, William Dieterle (1954)



John Wiley et Ruth, jeunes mariés reçoivent en héritage une plantation de thé à Ceylan. Arrivée là-bas, Ruth tombe amoureuse de l'intendant du domaine. Mais quand la sécheresse s'abat, les éléphants qui peuplent l'île morts de soif changent de comportement.

Beau film d'aventures que cet Elephant Walk qui constitue un des derniers films américain de Dieterle avant son retour en Europe. A l'origine le projet est destiné au couple Laurence Olivier/Vivien Leigh mais Olivier accaparé par d'autres projets s'efface rapidement (finalement remplacé par Peter Finch) tandis que son épouse assaillies par ses troubles bipolaires se voit contraintes d'abandonner le tournage déjà entamé. Elizabeth Taylor qui avait dû abandonner le rôle pour cause de grossesse peut finalement après son accouchement jouer dans le film. Plusieurs plans larges filmés avec Vivien Leigh ont néanmoins été conservés dans le montage final.

Adapté d'un roman de Robert Standish, La Piste des éléphants apparaît finalement comme une étonnante variation exotique de Rebecca (ce qui peut expliquer le désistement de Laurence Olivier au vu des rôles très proches) avec une intrigue et des rebondissements très proches même si Dieterle confère une identité propre à son film. La jeune anglaise Ruth (Elizabeth Taylor) suite à un coup de foudre et un mariage éclair avec le producteur de thé John Wiley (Peter Finch) s'envole donc pour sa plantation à Ceylan.


Seulement une fois sur place une ombre se place entre elle et son époux, celle du vénéré et tyrannique ancien chef du domaine, son père Tom Wiley. De manière symbolique sa tombe trône face à la maison comme s'il dirigeait encore les lieux depuis l'au-delà et chacune des règles de vie qu'il a instaurée sont rigoureusement respectée au détriment de la nouvelle maîtresse de maison. Le script se dote même d'un équivalent local à Mrs Danvers avec le domestique Appuhamy (Abraham Sofaer) qui chéri le souvenir du disparu en conservant intacte sa chambre tel un autel et qui s'adresse à sa tombe tous les matins.


Parallèlement à cette présence invisible s'en trouve une plus concrète avec des éléphants harcelant le domaine bâti comme un défi à la nature sur le parcours où les bêtes allaient s'abreuver en eau. Tandis que les passions humaines se déchaînent, les cris des éléphants incessant dans la bande son et les nombreuses séquences voyant leur menace se rapprocher instaure donc une atmosphère pesante et trouble. Elizabeth Taylor est formidable de détermination et de fragilité et dégage une sensualité d'autant plus forte du fait d'être la seule présence féminine dans cet univers machiste.


Peter Finch est excellent également dans sa schizophrénie où le respect de la mémoire du défunt se dispute à l'amour pour son épouse et délivre une prestation habitée. Dana Andrews qui vient compléter le triangle amoureux en contremaître compréhensif est correct mais ne dégage pas la même intensité. Dieterle délivre une mise en scène impressionnante et immersive où on découvre de superbes vues des paysages de Ceylan, le travail sur la photo de Loyal Griggs et les cadrages prolongeant cette atmosphère trouble et évitant le piège de la carte postale.

Le clou du film avec l'assaut destructeur des éléphants demeure un morceau de bravoure sacrément impressionnant. Le décor ploie sous les ruades des pachydermes dans un enfer de gravats et de flammes purificateur filmé de manière virtuose par Dieterle. Un grand moment de cinéma (là aussi répondant à la conclusion de Rebecca où la destruction est synonyme de retrouvaille et de renouveau) qui sous la violence ouvre au contraire un nouvel avenir à ses personnages.


Sorti en dvd zone 2 français chez Paramount

Extrait des 15 premières minutes

5 commentaires:

  1. Jamais entendu parler de ce film, qui m'a l'air d'être une perle rare... très fantasmatique apparemment, si j'en crois ton parallèle avec Rebecca et les images que tu as postées. ;)

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  2. Oui c'est carrément ça on dirait vraiment un remake dépaysant de Rebecca on y pense tout le film la seule vraie grosse différence c'est le triangle amoureux. Et pour finir de te convaincre Liz Taylor est bien moins pleurnicheuse que Joan Fontaine ;-)

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  3. Sur ce dernier point, je te crois sans peine ! ;)

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  4. combien de plan existe t'il avec Vivien Leigh?
    Peut on la reconnaitre?

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  5. C'est surtout des plans d'ensemble en fai,t en étant attentif on peu vaguement distinguer sa silhouette en particulier le grand final avec les éléphants surgissant dans la maison.

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