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mardi 13 octobre 2026

Mais... qu'avez vous fait à Solange? - Cosa avete fatto a Solange?, Massimo Dallamano (1972)

 Enrico Rossini est professeur d'Italien dans une école pour filles à Londres. Délaissé par son épouse, il vit une histoire d'amour épanouie avec Elizabeth, une de ses élèves. Au cours de l'une de leurs escapades bucoliques, la jeune femme croit être témoin d'une agression. Enrico ne la prend pas au sérieux, jusqu'à l'annonce du meurtre sadique dans les médias.

Mais... qu'avez-vous fait à Solange ? est sans doute l’œuvre la plus célèbre du maniériste Massimo Dallamano qui signe l’un est des plus fameux giallo. Le film inaugure la « trilogie des lycéennes », série de film où l’argument criminel tourne autour de la sexualité d’adolescentes. Il sera suivi de La Lame infernale (1972) toujours réalisé par Dallamano et Énigme rouge dont il signe uniquement le scénario et délègue la réalisation à Alberto Negrin.

Mais... qu'avez-vous fait à Solange ? s’ouvre sur un meurtre dont l’exécution est nébuleuse pour le spectateur et pour l’héroïne Elizabeth (Cristina Galbó) pas tout à fait certaine de ce qu’elle a vu. Le mystère ne reposera pas sur le mode opératoire dont la barbarie est rapidement éventée, un coup de poignard dans le vagin. Le sadisme du geste relève du meurtre et du viol dans un démarche punitive simultanée. L’enquête finira par révéler les mœurs dissolues des lycéennes subissant ce terrible sort, le puritanisme se disputant à la vengeance. Les amours interdites traversent le récit tel Rossini (Fabio Testi), professeur d’italien entretenant une liaison avec une de ses élèves. Sa propre transgression met en porte-à-faux et fait de son amante une victime potentielle.

Le scénario est très ambigu dans son message, d’un côté fustigeant ce qui semble relever d’un extrémisme religieux (le tueur s’habille en soutane et exécute ses victimes après qu’elles se sont livrées à la confession) et de l’autre remettant les unions du film sur des voies respectables « grâce » ou à cause des meurtres. En effet, une sombre histoire d’avortement clandestin est la source du drame et le message est pour le moins flou quand au point de vue du récit sur le sujet. 

Dallamano ménage ses effets habilement, restant dans le récit de mœurs et l’enquête policière relativement classique mais soudainement interrompu par de de saisissants éclats de violence. Il ose des images certes furtives mais très graphiques ne ménageant rien de l’horreur des crimes, et installe une atmosphère trouble et inquiétante. Les lycéennes en quête de sensations ne trouvent pas de garde-fou mais au contraire des adultes libidineux prêts à exploiter leur curiosité, ce que Massimo Dallamano exprime par un regard voyeuriste sur les jeunes filles.

Malgré quelques petites longueurs, le suspense est rondement mené jusqu’à une surprise finale reposant plus sur l’émotion que la pure tension. En découvrant le sort de la fameuse Solange (Camille Keaton célèbre plus tard pour le tout aussi choquant I Spit on your grave de Meir Zarchi (1978)), toute l’ambiguïté du propos s’entremêle à l’authentique compassion ressentie pour le personnage.

Sorti en bluray français chez Le chat qui fume 

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