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vendredi 5 avril 2013

Trottie True - Brian Desmond Hurst (1949)


Les amateurs de mélodrames Gainsborough connaissent bien Jean Kent, une des grandes stars façonnées par le studio durant ses immenses succès des années 40. A la manière des quatre grandes vedettes Gainsborough James Mason (le méchant sadique), Phyllis Carvert (la prude innocente), Patricia Roc (l'ingénue et fille du cru) et la grande Margaret Lockwood (la séductrice manipulatrice), Jean Kent avait son emploi attitré qui lui collait de film en film avec la femme de mauvaise vie, peu recommandable notamment l'un des plus marquant étant La Femme en question (1950) d'Anthony Asquith où l'émouvant rôle de gitane dans Caravan (1946). James Mason s'était lassé le premier en s'envolant pour Hollywood où il montrerait toute l'étendue de son registre et Jean Kent allait faire de même en quittant Gainsborough et en tournant ce Trottie True qui reste son rôle favori.

C'est d'ailleurs elle le meilleur atout de cette comédie musicale qui comporte pas mal d'élément autobiographique pour l'actrice. L'histoire nous narre la passion et l'ascension de la jeune Trottie True dans le monde du spectacle où elle obtient ses premiers rôles dès l'adolescence et grandi dans le milieu populaire du music-hall. Jean Kent fit également son entrée dans cet univers dès son plus jeune âge, se faisant engager dans les compagnies les plus douteuses dès l'âge de douze ans (en prétendant en avoir quinze) pour aider sa famille.

Le film s'avère très sautillant au départ dans cette description festive du music-hall avec notamment un tonitruant numéro d'ouverture où une Trottie True gamine fait preuve d'un répondant magistral face aux spectateurs indisciplinés des quartiers populaires. Cette séquence résume d'ailleurs bien le film, un peu trop lisse (alors que le début en flashback mélancolique laissait espérer plus) et où chaque enjeu et conflit se résout la minute qui suit, ne laissant pas un semblant de drame s'installer et happer le spectateur au-delà du beau livre d'image.

 Il y a pourtant plusieurs pistes intéressantes à creuser notamment les amours contrariées de Trottie d'abord incapable de concilier son art et sa relation avec un aventurier amateur de vol en ballon puis plus tard une fois mariée à un noble voyant surgir l'écart de classe entre son passé et sa belle-famille distinguée.

La construction est étrange aussi avec un début festif qui évoque le classique Ealing Champagne Charlie (LE film sur le music-hall populaire anglais) puis le revers de la médaille avec les moments sur scène qui disparaissent pour montrer l'envers peu reluisant du décor dans une compagnie plus prestigieuse : producteur un peu trop entreprenant, artistes harcelées et entretenues par de riches amateurs, notre héroïne finissant par épouser l'un d'entre eux (James Donald) plus sincère que les autres.

C'est donc une Jean Kent séduisante et survoltée qui maintien l'attention ajoutant à son registre séducteur la comédie, le chant et la danse dans de jolis numéros musicaux (celui de noël est assez épatant) bien mis en valeurs par Brian Desmond Hurst. La direction artistique est également époustouflante pour reconstituer cette Angleterre Victorienne bariolée par la belle photo d’Harry Waxman typique de l'usage du technicolor par le cinéma anglais. Un gros bonbon un peu lisse mais pas désagréable donc.


Sorti en dvd zone 2 anglais sans sous-titres 

Extrait

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