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mercredi 17 décembre 2014

À cause d'un assassinat - The Parallax View, Alan J. Pakula (1974)

Le sénateur Carroll, candidat démocrate aux élections présidentielles américaines, a été assassiné en 1971, lors d'une conférence de presse-buffet, par l'un des serveurs. Une commission d'enquête ne retient pas l'hypothèse d'une quelconque conspiration et conclut qu'il s'agit d'un acte isolé commis par un déséquilibré. Au cours des trois années qui suivent, la plupart des personnes qui ont assisté à cet événement meurent les uns après les autres à la suite de divers accidents. La journaliste Lee Carter, elle aussi témoin du meurtre de 1971, pense que ces accidents sont en réalité des assassinats déguisés : elle fait part de ses craintes à son collègue et ami Joe Frady, mais ne réussit pas vraiment à le convaincre. Cependant, quand Lee est victime à son tour d'un accident fatal, Joe Frady, persuadé désormais que la jeune femme ne se trompait pas, décide, sans l'accord de son rédacteur en chef, de mener une enquête approfondie qui le mène à la mystérieuse organisation Parallax qui recrute des personnes instables...

 Klute (1971) avait constitué une entame mémorable de la veine paranoïaque d’Alan J. Pakula qui l’approfondi avec  The Parallax View, oeuvre intermédiaire avant le sommet que sera Les Hommes du Président deux ans plus tard. La politisation sera d’ailleurs croissante au fil de cette trilogie, le portrait de femme se mêlant au thriller tortueux dans Klute tandis que À cause d'un assassinat lorgnerait presque sur le fantastique et enfin Les Hommes du Président relatera des faits réels rendant palpable l’insécurité fictionnelle des œuvres précédentes.

Le point de départ montre une Amérique encore sous le choc de la mort de Kennedy avec l’assassinat d’un sénateur aux circonstances troubles. L’intrigue finalement assez fantaisiste – lorgnant sur le moins réussi mais précurseur Executive Action (1973) de David Miller premier film à évoquer la théorie du complot sur l’assassinat de JFK -  se confronte au traitement froid et inquiétant de Pakula qui confère un sérieux et une tension implacable à l’ensemble. La nébuleuse organisation Parallax, son mode opératoire original (consistant à enrôler toute les personnes instables et violente en marge de la société) et ses cibles essentiellement portés sur les politiques de gauche pratiquant l'ouverture et fait atteindre des sommets de paranoïa au récit avec un danger pouvant surgir de partout. Le malaise évoque Un crime dans la tête (1962) de Frankenheimer mais la menace communiste de ce dernier est donc remplacé par quelque chose de plus insidieux et indicible.

Jusqu’à la traumatisante conclusion on n’en sait guère plus sur elle mais on aura eu le temps d'en découvrir les ramifications allant du plus commun des mortels aux hautes sphères (David Fincher qui n’a jamais caché son admiration pour Klute semble également avoir été influencé par Parallax View pour The Game (1997).

Warren Beatty en journaliste fouineur est excellent et étonnamment décontracté vu l’atmosphère pesante, Pakula s'autorisant d'ailleurs quelques moments un peu plus outrés comme bagarre mouvementée dans un bar, une spectaculaire course poursuite en pleine cambrousse ou une suspense haletant dans un avion piégé. Le final implacable qui boucle la boucle avec l'ouverture est typique des conclusions pessimistes de l'époque et achève d'en faire un des films les plus marquants. 

Sorti en dvd zone 2 français chez Paramount


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