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mercredi 17 juin 2015

Boulevard de l’espérance - Il viale della sperenza, Dino Risi (1953)

Un groupe de jeunes, vivants dans une pension à Rome, rêve de se faire une place dans le monde du cinéma : Franca et Luisa, actrices en quête de reconnaissance, Tonino réalisateur en herbe et Mario, chef opérateur. Les choix et illusions de ces aspirantes stars du cinéma vont se confronter à la difficulté de se faire une place dans un milieu sans pitié...

Boulevard de l’espérance est seulement le deuxième film d’un Dino Risi qui n’a pas encore défini son style sur cette œuvre méconnue. Le film exploite d’ailleurs le succès de Les Fiancées de Rome (1952 de Luciano Emmer qui narrait la quête sentimentale et professionnelle de trois jeunes femmes. Emmer aura creusé le sillon de cette réussite dans un second film L’Amour au collège (1953) et Risi reprend donc à son compte la formule notamment en reprenant quasiment le même casting où l’on retrouve Cosetta Greco et Liliana Bonfatti. Risi inscrit la quête de ses héroïnes dans le milieu du cinéma où elles cherchent à réussir, et malgré l’inspiration assumée du Boulevard du crépuscule (1950) de Billy Wilder on pense plutôt à une variante italienne du beau Pension d’artistes (1937) de Gregory La Cava.

Le fameux « boulevard de l’espérance », c’est le trajet de tramway qui conduit une population de tous âges et sexes vers Cinecittà. Ils y viennent tous chargé de rêves de gloire mais l’issue sera forcément plus modeste, entre auditions pour des rôles anecdotiques ou de la figuration dans les innombrables productions à grand spectacle (péplum, film de vikings) du cinéma italien de l’époque. Nous suivrons ainsi trois aspirantes représentant chacune les différentes formes de motivations à intégrer ce monde du spectacle. Luisa (Cosetta Greco) a elle la vraie vocation et se rêve réellement actrice, les paillettes la richesse et la célébrité semble nettement plus intéresser la plantureuse Franca (Piera Simoni) quand Giuditta (Liliana Bonfatti) y voit l’occasion d’échapper à une existence provinciale morne de femme au foyer. 

Ces attentes contrastées anticipent donc les moyens employés pour réussir, le culot de Giuditta (savoureux moment où elle se fait passer pour une sténo afin de pénétrer le bureau d’un producteur) ne compensant pas le manque de talent, tout comme l’arrogante Franca cherchant finalement surtout à être une femme entretenue par des bienfaiteurs nantis. L’ensemble du film est sans vraie trame conductrice et est constitué de tranches de vies de nos héroïnes, le plus souvent teintées de désillusion. Le marivaudage amoureux se conjugue et se confond aux déconvenues professionnelles mais Risi en reste à une veine de « néoréalisme rose » et n’exploite jamais vraiment la noirceur potentielle de son sujet, notamment la relation entre les jeunes femmes et les producteurs qui pourraient contribuer à leurs ascensions.

On se plait donc à suivre une communauté hétéroclite qui tente tant bien que mal de survivre. Fêtes guindées où l’on s’incruste en bon pique-assiette pour un repas gratuit, film publicitaire tourné pour le caméraman joué par Marcello Mastroianni (pas encore jeune premier superstar et carrément doublé en VO par Nino Manfredi) et tentative de caser ses protégés pour le « manager » joué par le gouailleur Pietro De Vico. Plutôt plaisant donc mais encore loin des grands Risi qui sur des thèmes voisins signera une œuvre bien plus aboutie avec son film suivant, Le Signe de Vénus (1953). 

Sorti en dvd zone 2 français chez Tamasa

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