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mardi 27 octobre 2015

Sir Henry at Rawlinson End - Steve Roberts (1980)

Avec l'aide de sa famille et de ses domestiques, un vieil Anglais excentrique, Sir Henry Rawlinson, essaie d'exorciser le fantôme de son frère, Humbert.

Sir Henry at Rawlinson End est un véritable ovni du cinéma anglais issu de l'esprit fou de Vivian Stanshall. Ce dernier est un artiste aux talents multiples (musicien, peintre et écrivain) se fit connaître notamment en faisant partie du groupe d'avant-garde Bonzo Dog Doo-Dah Band, célèbre à la télévision britannique et composé des futurs Monty Python Eric Idle ou Michael Palin. Sir Henry at Rawlinson End est à l'origine une création radiophonique de Vivian Stanshall à la BBC et diffusée entre 1975 et 1991 sous le titre Rawlinson End Radio Flashes. L'auteur y développe ainsi son personnage de noble excentrique et sa famille déjantée, qu'il exploitera aussi sur son album Sir Henry at Rawlinson End (recording). La popularité du personnage et de son univers incitera donc à une adaptation au cinéma en 1980, écrite et mise en musique par Vivian Stanshall qui y tient également un rôle tandis que Steve Roberts réalise.

Le résultat ne ressemble effectivement à rien de connu si ce n'est les facéties des Monty Pythons. Vivian Shall réunit et exacerbe là tout ce qui constitue l'excentricité de l'identité anglaise. Le noir et blanc sépia, le cadre rural où trône le domaine de Rawlinson End ainsi que la voix off décalée semble déjà situer l'ensemble dans une sorte de réalité alternative. Dès lors nous découvrons la folle famille Rawlinson dominée par Sir Henry (Trevor Howard que l'on a rarement vu aussi déjanté) noble bougon plus qu'à son tour et convoquant domestique au petit matin à coup de fusil au plafond.

Le reste autres membres sont à l'avenant et les séquences surréalistes s'enchaînent sous nos yeux ébahis : Sir Henry travesti en indigène faisant du monocycle pour guérir son lumbago, son frère sonnant la charge à cheval dans les couloirs du domaine, un camp de prisonnier allemand dans son jardin par nostalgie... Le semblant de trame tourne d'ailleurs autour du fantôme du frère tragiquement décédé (le flashback de sa mort ridicule vaut son pesant de cacahouètes) sans pantalon et qui ne peut trouver la paix face à telle infamie. Sir Henry va donc engager le prêtre défroqué Slodden (Patrick Magee) pour exorciser le château, avec des conséquences dramatique. Paillard, grotesque et halluciné le spectacle s'avère rapidement incompréhensible dans sa surenchère bouffonne et en fera décrocher plus d'un ne rentrant pas dans le "trip".

Le problème du film et qui le l'éloigne du génie des Monty Python est de ne pas choisir entre une trame digne de ce nom et le vrai film à sketches. Les Monty Pythons surent dans leur film poser un fil conducteur thématique qu'il mettait au service d'un vrai récit certes nourri en dérapages en tous genres (Sacré Graal (1975) et le grandiose La Vie de Brian (1979)) ou alors oser le film à sketches à la vraie cohérence dans Le Sens de la vie (1983). Sir Henry at Rawlinson End ne choisit pas et part dans tous les sens, finissant par lasser dans sa surenchère même si les séquences "autres" ne manquent pas comme une cérémonie de paganisme digne de The Wicker Man (1973). Reste donc une vraie curiosité (et film culte du cinéma anglais) même si un peu indigeste.

Sorti en dvd zone 2 anglais et sous-titré anglais 

Extrait

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