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samedi 5 novembre 2016

Un dimanche romain - La domenica della buona gente, Anton Giulio Majano (1953)

Un dimanche avec pour toile de fond le match de Rome-Naples dans le cadre du championnat d'Italie où trois destins vont se croiser. Un vieil homme qui rêve de gagner aux paris, un ancien footballeur qui navigue en eaux troubles et une jeune femme éconduite qui cherche à faire assassiner son amant...

Un dimanche romain est une comédie italienne typique du « néoréalisme rose », ce virage populaire du néoréalisme imprégnant vérité du contexte et des protagonistes d’un ton plus léger et comique. Le modèle du film est clairement le fameux Dimanche d’aout (1950) de Luciano Emmer, œuvre chorale suivant différents personnages le temps d’une journée de congé dominical. Le film d’Anton Giulio Majano n’égale pas le classique de Luciano Emmer mais s’avère néanmoins une agréable réussite sachant varier les tons. Le vecteur de toutes les péripéties sera un match de football opposant Rome à Naples (deux villes ô combien fanatiques du ballon rond) tenant toute la ville en haleine. Une voix-off quasi documentaire dresse un regard solennel et distancié, promettant l’évasion possible en cette journée pour un peuple italien ayant des soucis quotidien plus difficile à résoudre en semaine.

Le scénario est assez mécanique dans sa manière de répartir chaque segment selon un genre susceptible de séduire une large palette de spectateurs. Ce sera d’abord la romance avec la jeune Sandra (Maria Fiore) tentant de convaincre son fiancé Giulio (Renato Salvatori) au chômage de ne pas se rendre au match pour rencontrer son oncle susceptible de lui offrir un emploi. On aura également la grosse comédie avec ce joueur de loterie sportive pariant sur les matchs en vue d’améliorer sa situation et rêvant d’une somme correspondant à ses besoins plutôt qu’un pactole lui faisant perdre la tête. Enfin ce sera le mélodrame avec Inès (Sophia Loren) jeune veuve provinciale venue tuer l’amant l’ayant « séduite et abandonnée », un riche avocat (Vittorio Sanipoli) lâche et hypocrite. 

C’est dans l’habileté à entrecroiser les histoires que le film captive, l’émotion se faisant contrastée dans une même séquence de façon habile. L’hystérie du stade en effervescence devant le match est ainsi une caution comique capturant les figures loufoque comme ce prêtre napolitain ayant raccourci sa messe pour être présent et se montrant d’une mauvaise fois pas vraiment chrétienne à la moindre action litigieuse. Parallèlement Inès est prête à défaillir d’épuisement et de tristesse en ces même lieux et à l’extérieur du stade, Sandra attend de pied ferme son homme ayant préféré le football à sa compagnie. Le résultat même du match aura des conséquences comique pour notre parieur sportif moins détaché qu’il n’y parait face à une possible fortune, et dramatique pour une famille dont l’avenir même dépend d’une victoire napolitaine. 

Chaque segment et rupture de ton est constamment lié au contexte social et à l’avenir incertain des personnages (désir de mariage, élever seule un enfant, trouver un nouvel emploi), symbole d’une Italie en reconstruction où la vie est encore pénible. Si toutes les histoires sont plaisantes à suivre, c’est vrai celle tournant autour de Sophia Loren qui marque. L’actrice avait déjà quelques rôles à son actif mais c’est vraiment en cette année 1953 qu’elle gagne ses galons de star. Jeune femme forte de caractère du monde du music-hall dans Une fille formidable de Mauro Bolognini, elle n’use pas de sa plastique affolante dans Un dimanche romain et dévoile un registre dramatique intense qui se confirmera avec les grands rôles à venir. Une œuvre plaisante donc même si pas dans les classiques de cette époque si riche pour le cinéma italien. 

Sorti en dvd zone 2 français chez SNC/M6 vidéo 

 

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