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mercredi 1 décembre 2010

Péché Mortel - Leave Her To Heaven, John M Stahl (1945)


Richard Harland et Helen Berent se rencontrent et tombent amoureux l'un de l'autre. Ils se marient, mais Helen manifeste progressivement un caractère possessif et jaloux, confinant à la folie meurtrière.

Une femme douce, aimante, attentionnée et qui en plus arbore les traits charmant de Gene Tierney qui n'en rêverait pas ? Ce film au croisement du thriller et du mélodrame joue donc ainsi autant de la facette douce et séductrice de la star que de son aspect le plus vénéneux dans son rôle le plus inquiétant avec le Shanghai Gesture de Von Sternberg.

Cette histoire d'une extrême noirceur dans un étonnant contre pied va se parer d'un technicolor somptueux de Leonard Shamroy dont les couleurs flamboyantes vont parer l'évolution du récit du rêve éveillé au pur cauchemar. La part lumineuse intervient dans la première partie où Gene Tierney arbore une allure de déesse, ses yeux bleu acquièrent un magnétisme quasi surnaturel, ses traits n'ont jamais paru plus fin et son teint plus doux.

Stahl multiplie les séquences magnifiant l'aura de l'actrice comme ce moment fougueux où elle galope en dispersant les cendres de son père, la rencontre soleil couchant avec Cornell Wilde. Les grands espaces naturels où se déroule les différents moment du film accentue ce sentiment de perfection de l'histoire d'amour parfaite et foudroyante, de ce couple idéalisé. Pourtant si on a été attentif on aura déjà pu deviner les zones d'ombre dès la première rencontre où Gene Tierney observe longuement Cornel Wilde d'un regard intense, malade et déjà possessif comme un serpent hypnotisant sa proie. Une beauté inhumaine en forme de piège redoutable qui va le happer.

On ne peut s'empêcher de penser aux problèmes personnels et à équilibre mental déjà vacillant (un accouchement prématuré d'une enfant attardée, qui entraînera plus tard la séparation d'avec son époux) de Gene Tierney dans l'interprétation désespérée et menaçante à la fois qu'elle propose. Un être à l'amour possessif qui confine à la folie pure, pour qui aucun gêneur quel qu'il soit ne doit entraver le bonheur conjugale.

Si on devine un Code Hays qui a dû certainement atténuer une teneur sexuelle probablement bien plus marquée, pour le reste on reste assez stupéfait devant la cruauté absolue déployée par Gene Tierney pour arriver à ses fins : meurtre, infanticide et une assez machiavélique vengeance d'outre tombe finale. L'actrice domine entièrement le casting, en particulier un Cornell Wilde dont la fadeur sied pour une fois son personnage dépassé et Jeanne Crain qui malgré tout tire son épingle du jeu en pendant féminin positif. Grande réussite portée en plus par un excellent score de Alfred Newman dont le thème principal retenti avec un fracas lugubre durant les différentes atrocité commises.


Sorti en dvd zone 2 français chez Fox

Extrait ce regard !

1 commentaire:

  1. Il faut lire l'émouvante autobiographie de Gene Tierney, "Mademoiselle, vous devriez faire du cinéma", chez Ramsay.
    Le film de Stahl fait aussi partie des "œuvres de contrebandiers" louées par Scorsese dans son "Voyage à travers le cinéma américain".

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