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jeudi 30 décembre 2010

Un éléphant ça trompe énormément - Yves Robert (1976)


L'histoire de quatre copains, restés de grands enfants à l'approche de la quarantaine. Etienne est heureux dans son couple, mais il est obsédé par l'image d'une jeune femme en robe rouge...

Un des summum de ce sous genre qu'est "le film de potes" et en tout cas de loin le meilleur archétype français dans cette catégorie loin devant Mes Meilleurs Copains, Le Coeur des Hommes (au demeurant fort sympathiques) et du récent Les Petits Mouchoirs qui avait plutôt tendance à (très mal) plagier Les Copains D'abord de Lawrence Kasdan.

Le film est une sorte de photographie idéale du mâle français des 70's, les mutations de la société d'alors s'illustrant dans les certitudes vacillantes du groupe de héros. Le scénario de Yves Robert et Jean Loup Dabadie partagé entre situations grotesque hilarante et dialogues finement ciselés entreprend donc de soumettre à rude épreuve nos mâles sûr de leur condition. Tout d'abord avec le père de famille modèle incarné par Jean Rochefort, assailli par un terrible démon de midi face à une insaisissable femme en rouge (magnifique Annie Duperey aux jambes interminable et qui a droit à une mémorable première apparition) dont la conquête sera de longue haleine avant une conclusion en apothéose sur la corniche d'un immeuble. Victor Lanoux mari coureur et fier de l'être va lui tomber de haut quand son épouse quittera le domicile avec perte et fracas, Guy Bedos est lui étouffé par les femmes à commencer par sa mère (Marthe Villalonga en forme olympique) et Claude Brasseur sous ses airs macho dissimule en fait drôle de secrets.

Le quatuor vedette possède une merveilleuse alchimie admirablement servi par les situations les tournant en ridicule. Le constant décalage de la voix off de Jean Rochefort le mettant en valeur et ses vrais déboires dans la réalité offre d'irrésistibles moments de drôleries comme ses tentatives malheureuses de se mettre à l'équitation. Pour Lanoux ce décalage frappe d'emblée entre une partie de tennis où il joue les gros bras et siffle la moindre fille qui passe pour fondre en larmes dès la séquence suivante dans son appartement désormais vide.

C'est dans ce même procédé mais à retardement que Brasseur est également mis à nu entre les grosses voitures qu'il conduit, les blagues énormes qu'il faits (grand moment lorsqu'il se fait passer pour un aveugle au restaurant) la moindre bagarre à laquelle il est prêt à se mêler qui ne rende que plus surprenante la révélation le concernant. Le personnage de Guy Bedos est moins fouillé propose un humour plus simple et immédiat au détriment de l'émotion par rapport à ses compères mais le tout fonctionne très bien.

Fonctionnant plus sur le ton de la chronique plutôt que sur vraie intrigue soutenue, le film conserve une fraîcheur et un humour intact tout en restant toujours d'actualité dans ses thèmes. Et surtout on aura rarement vu conclusion plus folle dans une comédie française avec une situation de vaudeville qui se transforme en gags étiré à la Blake Edwards se terminant par un mémorable saut de l'ange. Enorme succès, une suite sortira dès l'année suivante avec Nous irons tous au Paradis.


Sorti dans un beau coffret rétrospectif comprenant le film et sa suite

Court mais savoureux extrait



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