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mercredi 15 décembre 2010

Les voitures qui ont mangé Paris - The Cars That Ate Paris, Peter Weir (1974)

Des voitures tuent les habitants de Paris, un petit village rural imaginaire en Australie. Un homme dont le frère a été tué se retrouve dans le village...

Premier film de Peter Weir qui sera un petit fer de lance de la vague australienne qui déferlera en fin de décennie en particulier dans le fantastique, par Weir lui même avec Pique-nique à Hanging Rock à la lisière du genre et La Dernière Vague mais aussi et surtout George Miller et son Mad Max.

Ce premier essai un objet singulier et étrange, maniant surnaturel, burlesque et satire dans une atmosphère déroutante. La séquence d'ouverture donne le ton avec son imagerie publicitaire (on ne croit pas si bien dire la scène parodie spot pour des cigarettes très populaire diffusé dans les salles australiennes à l'époque) où un couple sillonne tout sourire une campagne australienne rayonnante, avant qu'un inattendu accident de voiture les précipite dans un ravin. La cause du drame ne semble pas clairement définie qu'on enchaîne dès la scène suivante d'une situation quasi similaire où deux frère roulant de nuit sont perturbé par un étrange phénomène et connaissent le même sort en échouant dans une fosse.

Le survivant Arthur (joué par un chétif et fragile Terry Camilleri co scénariste et ami de Peter Weir) passablement traumatisé est alors pris en main par la communauté solidaire du village isolé de Paris. Un des thèmes récurrents de l'oeuvre de Weir se dévoile alors peu à peu, à savoir la description d'un société vivant en vase clos et ses codes qu'on retrouve dans la communauté amish de Witness, l'équipage de Master and Commander ou les écolière de Pique-nique à Hanging Rock. Le mystère se dissipe autour de ce village bizarre jonché des carcasse de voiture des voyageurs ayant échoué là sans retour, admis au village ou disparus dans des circonstances trouble.

On découvre donc avec le héros les us et coutumes des habitants, que ce soit les raids furieux en voitures des plus jeune ou l'organisation méticuleuse dissimulant une dictature tyrannique menée par l'inquiétant maire joué par John Meillon (qui retrouvera Weir dans La Dernière Vague). Bien plus agité que son cadre champêtre le laisse supposer, le village s'avère être une prison menaçante dont on ne s'échappe pas, peuplé de personnages psychotique et inquiétants.

Le rythme est d'une lenteur extrême qui en décontenancera plus d'un tandis que le déroulement de l'intrigue et l'ambiance évoque Chapeau Melon et Bottes de Cuirs, La Quatrième Dimension voire un ancêtre aussie de Twin Peaks. Une vraie curiosité inclassable même si pas totalement aboutie qui lance un des grands réalisateurs des décennies à venir.

Sorti en dvd zone 2 français dans la collection "Les Films de Ma Vie" accompagné de "La Dernière Vague" dont on devrait reparler prochainement ici.

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