Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com et suivre le blog sur twitter à http://twitter.com/#!/JustinKwedi

Pages

jeudi 3 février 2011

Ballroom Dancing - Strictly Ballroom, Baz Luhrmann (1992)


Scott Hastings s'entraîne depuis des années dans le cours de danse animé par sa mère, ancienne danseuse exubérante, pour remporter un prestigieux concours de danse. Mais il rêve de dépasser les règles très strictes des concours de danse en exécutant ses propres pas, ce qui plaît peu à son entourage et surtout au jury des concours. Après s'être fait piquer sa partenaire par son principal rival, il ne rencontre pour la remplacer qu'une maladroite débutante peu gracieuse, Fran.

Premier film de Baz Luhrmann qui entamait là sa fameuse trilogie du "Rideau Rouge" mêlant romance et univers du spectacle. Les deux films suivants sont bien plus célèbres que ce Ballroom Dancing que ce soit sa relecture toute personnelle de Shakespeare dans Romeo + Juliette ou le mélodrame musical grandiose qu'est Moulin Rouge (traité en juillet sur le blog). Si on gagnera en exubérance, moyens et grandiloquence par la suite, Stricltly Ballroom est loin de constituer un brouillon des deux suivants (il est même meilleur que le trop touffu Roméo + Juliette) tant la quintessence des thématique de Luhrmann se retrouvent ici. Ca en est même étonnant de cohérence tant les autres films revisiteront des aspects de ce galop d'essai en y ajoutant à chaque fois une touche qui les rendront uniques à leurs tour.

Ancien danseur lui même, Luhrmann nous plonge dans le milieu des concours de danse amateurs australiens où le surdoué Scott Hastings (Paul Mercurio) est malgré son immense talent victime de son originalité. Régulièrement bridé par les juges en compétition à cause des figures inédites qu'il improvise, il finit par être lâché par sa partenaire au grand dam de sa mère ancienne danseuse reportant sur lui ses rêves de grandeurs. La seule acceptant de concourir avec lui sera Fran, débutante maladroite aux origines latines. A une échelle plus modeste et humaine tout Roméo + Juliette et Moulin Rouge sont là : couple improbables opposé aux conventions (ici des ayatollah de la danse opposé au innovations qu'ils ne peuvent reproduire eux même), les apartés cartoonesque outranciers,la débauche de couleurs kitsch et même déjà l'art de la réinvention musicale de tube pop avec une relecture réussie du Time After Time de Cindy Lauper.

C'est surtout un profond hymne à l'art de la danse où l'épanouissement passe par l'affirmation de soi. Pour Fran (Tara Morice) il s'agira de sortir de sa chrysalide et prendre son courage à deux mains pour oser montrer qu'elle la godiche débutante (avec une allure "Ugly Betty" avant l'heure bien appuyée avec acné et grosses lunettes au début) peut briller aux yeux de tous et accompagné le plus doué des danseur. On n'est cependant pas devant un banal récit à la pygmalion car elle sera d'un vrai apport pour Scott en canalisant sa fougue, ses créations chorégraphiques s'adaptant désormais à un pas de deux plutôt qu'une vaine flamboyance individuelle le plaisir laissant place à la quête de trophées. Pas besoin de mots pour comprendre tout cela, les numéros de danse sont là pour ça et il sont fabuleux. On retiendra particulièrement le numéro de Paso Doblo où Scott s'initie à la rigueur et la grâce de la danse espagnol auprès du père de Fran splendide.

Les différents moments d'apprentissages entre Fran et Scott sont plein de charme également par la grâce des mouvements de chacun s'accordant progressivement ensemble, les jeu de regards où ils ressentent avoir trouvé le partenaire idéal sur et en dehors de la piste sans l'exprimer forcément par les mots. Paul Mercurio et Tara Morice, danseurs accomplis forme un bien beau couple enflammant la piste et entre jeu caricatural et vrai émotion les parents joués par Barry Otto Pat Thomson apportent une belle profondeur dramatique au récit notamment la conclusion.

Un final qui renvoie d'ailleurs directement à celui de Moulin Rouge, tout les enjeux dramatiques se résolvant sur la scène dans un mémorable crescendo dramatique. Luhrmann s'abandonne alors totalement dans sa mise en scène et son imagerie, faisant tourbillonner sa caméra autour de son couple de danseur dont les costumes étincèlent soudain, le public ébahi battant la mesure alors que la musique s'évanouit. Une grande réussite judicieusement récompensée de la Caméra D'oor à Cannes en 1992. C'est clairement le film à voir pour ceux que la surcharge de Roméo + Juliette et Moulin Rouge indisposent ils pourraient être surpris et pour les fans de Luhrmann c'est déjà l'affirmation d'un sacré talent.

Sorti en dvd zone français chez Fox soit dans le coffret trilogie du "Rideau Rouge" incluant Moulin Rouge et Roméo + Juliette, soit individuellement.

La somptueuse danse finale, ne regardez pas si vous souhaitez garder toute la surprise

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire