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lundi 22 août 2011

On s'fait la valise docteur? - What's Up, Doc?, Peter Bogdanovich (1972)

Un chercheur (Ryan O'Neal) vient à San Francisco concourir pour une bourse en musicologie. Sur place, il rencontre une jeune femme (Barbra Streisand) qui sème le désordre partout où elle passe.
 
Parmi toutes les tentatives modernes de revival de la screwball comedy, le film de Bogdanovich est sûrement une des plus convaincantes avec le plus récent Intolérable Cruauté des frères Coen. Bogdanovich ne parvient certes pas à dépasser l’exercice de style et le pastiche (on est loin de l’empathie que savait conférer un Hawks, un Wilder ou un Sturges pour leur personnages) mais à quelques broutilles de rythme et d'interprétation près le film parvient néanmoins à être quasiment aussi jubilatoire que les grands films de l'âge d'or hollywoodien.

En cinéphile averti, Bogdanovich mélange gaiement l'hystérie de La Dame du vendredi et L'impossible monsieur bébé, le non-sens délirant de Hellzapopin, la rigueur millimétrée des gags de Buster Keaton et le sens de l'absurde délirant des Marx Brothers. Le titre original What's up Doc ? annonce la couleur, Barbra Streisand faisant office de Bugs Bunny et Ryan O'Neal d’Elmer

Comme d'habitude il est question d'une rencontre amoureuse improbable entre le timide et effacé O'Neal et la miss catastrophe en rond Streisand. Autour d'eux gravite tout un groupes de personnages (un agent fédéral, un révolutionnaire, des mafieux, des voleurs...) pourchassant pour des objectifs divers des valises du même modèle mais au contenus différents, le tout provoquant quiproquos en pagailles.

Dès les premières minutes le rythme se fait étourdissant entre dialogues au débit mitraillette, personnages hystériques, et gags en rafales qui réclament la plus grande attention sur ce qui se déroule en arrière-plan. Les échanges malheureux de valises en tout genre sont savoureux, tout comme certains dialogues absurdes mais c'est lorsque Bogdanovich provoque le chaos et l’anarchie que la jubilation est de mise

Parmi les grands moments, une chambre d'hôtel joyeusement saccagée, un dîner mondain qui part totalement en vrille et surtout une course poursuite finale extraordinaire où San Francisco devient un immense terrain de jeu voué à la destruction. Ryan O'Neal n'est pas Cary Grant c'est certain (et à un peu trop tendance à le singer) mais s'en sort honorablement et c’est Barbra Streisand (qui ne chante que le temps d’une brève scénette merci à elle), débordant de charme et d’espièglerie qui porte réellement le film sur ses épaules. Un très bon moment qui donne envie de revenir aux fondamentaux qui l’ont inspiré.

Sorti en dvd zone 2 français chez Warner

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