Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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samedi 29 septembre 2012

Seize bougies pour Sam - Sixteen Candles, John Hughes (1984)

Samantha, âgée de quinze ans, est amoureuse du garçon le plus populaire de l'école mais c'est le garçon le moins populaire de l'école qui est amoureux d'elle. Sa sœur se marie et, sous le coup de l'excitation, sa famille oublie son anniversaire. Des grands-parents particuliers et un étudiant étranger nommé Long Duc Dong achèveront de faire de cette journée la plus embarrassante qu'ait vécue Samantha.

Si le genre du teen movie naît avec La Fureur de Vivre de Nicholas Ray et trouve ses codes les plus identifiables dans American Graffiti de Georges Lucas, c’est véritablement John Hughes qui lui donnera ses lettres de noblesses avec ses quatre premiers films Sixteen Candles, Breakfast Club, Une créature de rêve et La Folle journée de Ferris Bueller. Jusque-là scénariste très doué pour certaines des meilleures comédies américaine du début des 80’s (dont le génial Bonjour les vacances/National Lampoon’s Vacation) Hughes emprunte au film de Ray cette capacité à donner une vraie tonalité dramatique et empathie aux tourments adolescents et à celui de George Lucas le principe narratif d’unité de temps (qui aura cours dans tous ses films) ainsi que le mélange harmonieux entre comédie insouciante et vraie gravité. Sixteen Candles, premier film de la série offre ainsi un brouillon charmant et attachant de ses préceptes qui seront de plus en plus affinés dans les films suivants (hormis le plus quelconque Une créature de rêve).

Samantha (Molly Grindwald) se réveille pleine d’incertitudes en cette journée d’anniversaire où elle fête ses seize ans. Alors qu’elle s’était imaginée depuis toujours que c’est l’âge où elle atteindrait le sommet de sa beauté et séduction, il ne semble pas y avoir eu de grand changement en elle depuis la veille, elle reste cette fille qui traverse le lycée invisible aux autres et surtout du beau Jake Ryan (Michael Schoeffling) garçon populaire dont elle est amoureuse. Pire, sa propre famille prise par les préparatifs du mariage de sa sœur oublie de lui souhaiter son anniversaire accentuant la déprime de notre héroïne. 

Hughes développe ici ce qui sera un des moteurs du futur Breakfast Club, le rapprochement entre les communautés lycéennes antagonistes. L’approche sera plus audacieuse avec l’installation presque théâtrale de Breakfast Club alors qu’ici cela se fait par une classique comédie romantique. Ainsi malgré leur environnement bien différent, la « normale » Samantha a finalement les mêmes aspirations que le beau gosse lycéen Jake Ryan. Celui-ci sort avec la plus belle fille du lycéen Caroline mais cette dernière fêtarde et délurée ne lui apporte pas la tendresse simple espérée et se met à rêver de Sam lorsqu’il découvre par inadvertance ses sentiments pour lui. L’ensemble du film est donc une suite de rendez-vous manqués et de malentendu entre eux dû à l’entrave de l’image qu’il véhicule et qui les empêche de franchir le pas : Jake est trop beau, trop sûr de lui et charismatique pour Sam tandis que celle-ci paru plus mesurée, intelligente et spirituelle que les filles idiotes qu’il fréquente d’habitude. Ainsi intimidé, ils n’échangeront leurs premiers mots qu’en toute fin de film dans une belle scène de conclusion.  

 Parallèlement nous avons également une figure de « geek » incarnée par Anthony Michael Hall (acteur fétiche de Hughes avec Molly Grindwald) mais Hughes évite les clichés auxquels ce type de personnage est désormais associé (si ce n’est avec ses acolytes en arrière-plan dont un tout jeune et boutonneux John Cusack). L’acteur y est donc certes maladroit avec les filles et un peu risible mais cela est plus dû à sa jeunesse et son inexpérience que d’un réel complexe ou mal être, ses défauts finissant même par séduire la belle Caroline au terme d’une nuit de beuverie. Au contraire Anthony Michael Hall amuse grandement par son assurance et fanfaronnerie déplacée au vu de son allure de gringalet et montre déjà tout ce qui en fera la figure la plus attachante des films de Hughes notamment lors d’un échange plus intimiste avec Molly Grindwald qui anticipe les ambiances feutrées de Breakfast Club.

Tout cela se fait dans un grand tourbillon loufoque où Hughes à coup de personnages (l’étudiant chinois  Long Duc Dong,  les grands-parents) et de situations extravagantes (une boum qui vire à la destruction massive) déploie une énergie et un humour communicatif.  Un joli galop d’essai qui allait se confirmer l’année suivante avec le classique Breakfast Club.

Sorti en dvd zone 2 français chez Universal

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