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mardi 4 septembre 2012

The Undying Monster - John Brahm (1942)


Suite à l’agression d’un châtelain et d’une jeune femme dans une contrée reculée d’Angleterre, un scientifique enquêtant pour le compte de Scotland Yard et son assistante se rendent sur les lieux et tentent de résoudre le mystère qui se cache derrière la malédiction familiale.

The Undying Monster est l'œuvre qui entame la formidable trilogie de thriller gothique de John Brahm dont les plus renommés seront les deux films suivant avec The Lodger et Hangover Square. Le projet naît de la volonté de Darryl Zanuck de ranimer au sein de la Fox la veine fantastique et gothique initiée par Universal au début des années 30 avec entre autres les classiques de James Whale Frankenstein/ La Fiancée de Frankenstein, L'homme invisible ou le plus tardif Le loup-garou (1941) qui entretient pas mal de similitude avec The Undying Monster.

Pour ce faire Zanuck va faire appel à John Brahm, émigrant allemand qui a déjà démontré son savoir-faire avec son remake du Broken Blossoms de D.W. Griffiths (1936), s'étant déjà essayé au thriller avec Let Us Live (1939). C'est vraiment durant cette période à la Fox qu'il donnera son meilleur et dans ce registre de suspense qu'il montrera son grand talent avec d'autre grande réussite encore comme Le Médaillon (1946) au sein de la RKO.

The Undying Monster n'est pas le plus réussi des trois films car tirant moins ouvertement vers l'angoisse. Ici c'est le mélange des genres qui prime avec un ton oscillant entre l'épouvante gothique la plus prononcée, le thriller psychologique et l'enquête à mystère. Si le film est des plus agréable à suivre du début à la fin, on peut néanmoins regretter que le potentiel horrifique ne soit pas plus exploité tant la mise en scène de Brahm s'avère prodigieuse pour créer la tension.

L'ouverture donne le ton avec une vue aussi majestueuse qu'angoissante sur ce manoir situé sur les hauteurs d'une falaise tandis qu'une voix off au ton lourd de menace narre le mystère de la malédiction qui hante ses habitants, les Hammond.

Après avoir saisi l'agitation de la nature environnante, nous pénétrons à l'intérieur, Brahm arpentant la demeure dans un somptueux plan séquence où par ses cadrages il rend macabre ce qui s'avérera des éléments tout à fait anodins et instaure une ambiance criminelle dans une scène qui en est totalement dénuée. Tout le film est dans cet esprit, alternant frayeur et légèreté. On a ainsi une attaque nocturne d'une jeune infirmière par une créature sauvage inconnue dont Brahm adopte une vue subjective lors de l'assaut et dont sera victime aussi l'ainé des Hammond.

Le réalisateur déploie une mise en scène tout aussi maîtrisée lorsque la sœur Hammond arpentera la lande pour sauver son frère suite aux hurlements avec un usage brillant de son budget limité qui accentue l'artificialité de cet extérieur pour le rendre d'autant plus étrange et angoissant et s'attarde toujours un peu plus sur certains détails macabres comme ce chien déchiqueté par la bête.

Toute cette tension retombe pourtant un peu lorsqu'arrive le héros à la Sherlock Holmes interprété par James Ellison, son assistante pleine d'humour jouée par Heather Thatcher faisant office de Watson charmant et amenant son lot d'échange piquant. Le scénario pêche un peu à vouloir entretenir le doute sur la nature surnaturelle de la menace, l'affiche présentant ouvertement un loup-garou et les indices lourdement amenés ne laissant aucun doute sur l'identité et le caractère de ce qui est pourchassé.

L'enquête n'est jamais ennuyeuse grâce au charisme de John Howard et au sens de l'atmosphère de Brahm (ainsi qu'une intrigue très voir trop resserrée d'une heure à peine) mais distille un faux mystère alors que l'on a assez vite déjà tout deviné. A nouveau c'est la virtuosité de Brahm qui rehaussera l'ensemble avec une mémorable conclusion où le loup-garou se révèle enfin dans toute sa fureur pour une longue traque finale où si la surprise voulue lors de la révélation tombe à plat, le suspense fonctionne lui formidablement.

Un épilogue léger et sur explicatif viendra pourtant à nouveau atténuer ce sommet, symbole d'un script convenu et timoré transcendé par la réussite plastique (superbe photo ténébreuse de Lucien Ballard que retrouvera Brahm sur The Lodger). Très bon film néanmoins plein de promesses confirmées avec The Lodger à suivre et où Brahm plus libre offrira un spectacle autrement plus dérangeant.

Sorti en dvd zone 1 chez Fox dans un excellent coffret comprenant les deux autres thrillers de Brahm les fameux "The Lodger" et "Hangover Square" tout les films comportant des sous-titres français.


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