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mardi 25 septembre 2012

Une créature de rêve - Weird Science, John Hughes (1985)


Gary et Wyatt sont deux adolescents sujets de moquerie au lycée et sans succès auprès des filles. En regardant le film Frankenstein Gary a l'idée de créer une femme artificielle à l'aide de l'ordinateur de Wyatt. Le résultat est Lisa, une superbe jeune femme, qui s'avère très délurée et dotée de super-pouvoirs. Afin de les amener à se prendre en main et à retrouver confiance en eux-mêmes, Lisa entraine les deux amis dans une suite d'aventures fantastiques et loufoques.


Une créature de rêve est certainement le plus faible du quatuor gagnant de John Hughes qui donna ses lettres de noblesse au teen movie avec les poignants drôle et toujours juste Sixteen Candles (1984), son chef d’œuvre Breakfast Club (1985) et La Folle Journée de Ferris Bueller (1986) avant de se tourner vers des films plus adultes. Une créature de rêve semble marquer une volonté d’adopter une tonalité plus légère après la veine plus mélodramatique de Sixteen Candles et surtout Breakfast Club. Si les thèmes récurrents de Hughes sur le mal être adolescent sont bien là à travers son duo de héros complexé, l’ambiance est nettement plus loufoque et délirante que les films précédentes.

Le titre original Weird Science s’inspire de la revue du même nom édité au début des années 50 par  EC Comics et qui constituait une sorte d’anthologie de science-fiction peuplée d’histoires délirantes. Le scénario de Hughes est d’ailleurs une modernisation de  Made of the Future un des récits paru dans la revue et signé Al Feldstein et dont le réalisateur approfondi l’argument tout en l’inscrivant dans un contexte lycéen. Wyatt (Ilan Mitchell-Smith) et Gary (Anthony Michael Hall acteur fétiche de Hughes) sont deux lycéens malingres et timides raillés par garçons les plus populaire (dont un tout jeune Robert Downey jr) et ignorés par les jolies filles du lycée qu’ils ne peuvent admirer qu’en secret. C’est le temps d’une soirée ennuyeuse où il regarde Frankenstein que l’idée leur vient : eux aussi vont se fabriquer la fille idéale qui saura les apprécier. 

La couture de monceaux de cadavres est ici remplacée par la réunion de tous les éléments qui peuplent l’imaginaire et le fantasme de ces adolescents afin de créer la fille de leurs rêves, les éléments allant de la revue porno à la photo d’Einstein en passant par l’émission musicale à la mode. Suite à des manipulations informatiques et un coup de pouce de la foudre (l’informatique rudimentaire prête largement à sourire mais l’argument est de toute façon tellement farfelu que cela passe dans le délire de l’ensemble) surgit alors la sculpturale et espiègle Lisa (Kelly LeBrock) qui grâce à ses pouvoirs va prendre en main nos deux larrons.

Lisa fait figure de génie de la lampe des temps modernes qui va peu à peu donner confiance à son duo en les poussant dans leurs derniers retranchements par des situations extravagantes où ils pourront enfin se montrer à leurs avantages. Il y a une jubilation de sale gosse qui s’expriment à certains moment comme lorsque Lisa malmènent les parents coincés de Gary où lorsqu’elle dote le duo de bolides vrombissant ou ils emmèneront leur petites amies. Ce que l’on retient surtout c’est l’avalanche de catastrophe causés par les pouvoir de Lisa où l’on verra surgir une ogive nucléaire dans la chambre de Wyatt, le mobilier de son salon aspiré par la cheminée… L’outrance des situations est des plus amusantes et déploie des effets spéciaux efficaces et surprenants (la créature immonde en laquelle est transformé Bill Paxton), la bande-son 80’s est savoureuse (Oingo Boingo pour le morceau titre, Killing Joke, Wall of Voodoo, Kim Wilde) et le rythme effréné. 

Néanmoins on peut se trouver déçu par le manque de rigueur et d’ambition de l’ensemble où on ne retrouve jamais l’émotion d’un Breakfast Club. Ce n’était sans doute pas le but premier mais Hughes mêlera pourtant brillamment ton cartoonesque et drame dans le suivant La Folle journée de Ferris Bueller dont Weird Science constitue une sorte de brouillon. Ici tout sonne un peu faux, Kelly LeBrock et Anthony Michael Hall s’en sortent bien (elle en sorte de grande soeur rêvée prenant les choses en main, lui toujours aussi attachant) mais Ilan Mitchell-Smith est assez transparent tout comme les personnages des petites amies un peu trop nunuches et laissant froid quant aux couples formés lors de la conclusion.

 On s’amusera de la dimension référentielle disséminée un peu partout comme l’intrusion de ses motards à la Mad Max ou de la présence du physique hors normes de Michael Berryman qui semble reprendre son rôle de La Colline a des yeux. Amusant donc mais c’est clairement le film de Hughes le moins convaincant de sa période dorée et celui qui accuse le plus son âge. La série qui en sera tiré dans les années 90, Code Lisa est finalement bien plus inventive.

Sorti en dvd zone 2 français chez Universal


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