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jeudi 8 juin 2017

L'Homme qui tua la peur - Edge of the city, Martin Ritt (1957)

Axel Nordmann se retrouve à chercher du travail sur les docks new-yorkais où il se lie d'amitié avec Tommy, un jeune Noir.

Edge of the City est le premier film de Martin Ritt, où l'on trouve déjà toute les thématiques progressistes, le questionnement sur l'individu et le libre arbitre qui imprégneront ses films suivants. Le faible salaire demandé par Ritt lui vaudra ce premier engagement, lui qui vit après des débuts au théâtre sa carrière stoppée net par une dénonciation calomnieuse qui le plaça sur la liste noire. Ce passé ainsi que le sujet et cadre du film (les docks de New York) fait donc un parallèle entre Martin Ritt et Elia Kazan, victimes et délateurs dont chacun tirera une œuvre : Sur les quais et donc L'homme qui tua la peur. Le film est l'adaptation de la pièce A Man Is Ten Feet Tall de Robert Alan Aurthur transposé une première fois à la télévision un an plus tôt - avec déjà Sidney Poitier au casting.

Le film dépeint l'amitié interraciale entre le blanc Axel Nordmann (John Cassavetes) et le jeune noir Tommy Tyler (Sidney Poitier). Axel est un marginal en fuite pour des raisons qui se révèleront progressivement, un appel muet à ses parents montrant les signes avant-coureur de son mal-être. Dès lors le personnage apparait taiseux craintif et introverti, soit la victime idéale pour le contremaître tyrannique Charles Malik (Jack Warden). Heureusement il va gagner en sérénité et assurance au contact du gouailleur et engageant Tommy. Sidney Poitier pour un de ses premiers rôles en tête d'affiche crève véritablement l'écran par une prestation pleine d'énergie et bienveillance. Par son seul charisme, il donne une aura oppressante ou à ce milieu ouvrier (qui en reste à un niveau illustratif par la mise en scène d'un Ritt pas encore assuré) et les meilleurs moments du film sont ceux où Ritt dépeint longuement la naissance et l'épanouissement de cette amitié.

Les moments anodins dépeignent subtilement ce rapprochement où un geste affectueux, un regard compréhensif ou une taquinerie mènent à de beaux instants de confessions. Cette relation et le tempérament fuyant d'Axel vont pourtant être mis à rude épreuve par la menace constante de Malik, qui voit dans leur amitié une insulte à ses convictions racistes mais également à son autorité sur les docks. La culpabilité et la peur qui noue le ventre d'Axel devront donc être surmontées pour faire honneur à son ami dans une dernière partie plus dramatique. L'accomplissement repose moins sur une notion de délation (au cœur de Sur les quais) que d'un dépassement du personnage surmontant ses peurs grâce à l'amitié. Un très beau premier film pour Martin Ritt dont le succès d'estime et le bel accueil critique mettront sa carrière sur les rails.

Sorti en dvd zone 2 français chez Warner

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