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jeudi 1 juin 2017

Contre une poignée de diamants - The Black Windmil, Don Siegel (1974)

Le fils d'un responsable du contre-espionnage britannique et un de ses camarades ont été kidnappés par un couple de bandits. Pour leurs libérations, les deux malfrats demandent que leur soit livré le stock de diamants qui appartient au supérieur hiérarchique du major.

The Black Windmill est un film d'espionnage efficace et dont l'ancrage anglais en fait la singularité dans le contexte du Watergate. Plutôt qu'un contexte paranoïaque et nébuleux attendu dans la lignée du versant américain du genre comme A cause d'un assassinat (1974), le scénario (adapté du roman Seven Days to a Killing de Clive Egleton), le film joue sur les failles bien humaines tisser son drame. Lorsque le fils du Major Tarrant (Michael Caine) est kidnappé, c'est tout l'équilibre ténu du MI6 qui est mis à mal. Pas de mystère sur l'identité des kidnappeurs connue d'emblée, leurs exigences et connaissances des procédés du MI6 laissant entendre que la menace est avant tout intérieure.

 Les services secrets nous apparaissent comme éloignés des réalités (le directeur adepte des mondanités joués par Joseph O'Conor) ou suspicieux au point d'en être déshumanisé (remarquable Donald Pleasence). Dans ce contexte, Tarrant aborde les évènements avec un sang-froid stupéfiant semble dans la lignée de ces attitudes détachées (où il est d'ailleurs sous-entendus qu'elles ont mis à mal son mariage) mais peu à peu Don Siegel individualise Michael Caine en tant comme d'action, en professionnel et père plus impliqué. Et même si cela reste un non-dit on ressent ce côté lads en opposition de la hiérarchie embourgeoisée qui court souvent dans les rôles anglais de Caine.

Cela joue donc sur le ton du film, dénué d'envolées dramatiques appuyées et dont chaque scène vise scruter cet environnement froid et manipulateur. Cela commence par le duo de méchants remarquablement incarné par John Vernon et Delphine Seyrig. Chacune de leurs actions s'avère précise et sans passion (ce qui permet de vite évacuer quelconque motivation politique), parfait reflet de leur antagoniste du MI6 et seul le personnage de Michael Caine (et dans un registre plus inactif son épouse jouée par Janet Suzman) amène progressivement tension au récit. La mise en scène de Don Siegel joue ainsi de cette alternance de relâchement et d'intensité, les moments de suspense n'en étant que plus efficace (et porté par un score groovy de Roy Budd). On pense à la poursuite dans le métro et surtout tout le passage parisien entre accélération surprenante (l'évasion routière nocturne filmée au cordeau) et vraie partie d'échec stratégique.

Siegel filme l'ensemble avec la nervosité qu'on lui connaît et seules quelques petites facilités du script pourront faire tiquer, notamment le retour un peu trop facile de Caine en Angleterre. Cette approche sied à merveille au film, le côté british apportant un vernis trompeur (maison aristocratique, cottage et pause thé en toute circonstance) tout en se montrant plus quelconque dans son environnement et ces enjeux (le pourquoi du comment sera très trivial), loin du vertige d'un Ipcress, danger immédiat (1965) par exemple. Le final aussi féroce (un sacré morceau entre John Vernon et Michael Caine dans un moulin exigu) qu'expéditif se montre ainsi à l'image de ce suspense bien mené, sans être non plus un sommet de Siegel.

Sorti en dvd zone 2 français chez Universal

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