Dans le cimetière de Dunwich, un prêtre se suicide par pendaison, ce qui a pour conséquence d'ouvrir les portes de l'enfer, et de libérer les morts-vivants sur terre. Lors d'une séance de spiritisme, la jolie Marie succombe d'effroi après avoir reçu la vision de la mort du prêtre. Mais elle n'est pas vraiment morte, et est sauvée de justesse, avant sa mise au tombeau, par Peter, un journaliste. Les deux se rendent alors à Dunwich : il faut refermer les portes de l'enfer avant la Toussaint, dans trois jours. S'ils échouent, les morts sortiront de leurs tombes et envahiront la terre.
L’Enfer des zombies (1979) fut une grande réussite de Lucio Fulci où se formait la dream team qui allait l’accompagner sur la « trilogie de l’enfer » considéré comme sa plus grande réussite avec Frayeurs (1980), L'Au-delà (1981) et La Maison près du cimetière (1981). Il ne manque que le producteur Fabrizio De Angelis mais sinon l’on retrouve bien le scénariste Dardano Sacchetti et le compositeur Fabio Frizzi.
Bien que convoquant un fantastique différent de L’Enfer des zombies, Frayeurs en reprend en tout point la structure. Il y a une menace surnaturelle apparaissant en environnement urbain, mais dont l’origine vient d’une ville/contrée inconnue au sein de laquelle les héros devront se rendre et se confronteront à l’horreur absolue. L’Enfer des zombies convoquait le folklore vaudou tandis que Frayeurs invoque ici celui de la sorcellerie d’inspiration plus anglo-saxonne et païenne faisant des clins d’œil à Lovecraft avec ce village nommé Dunwich. La redite narrative est néanmoins dépourvue de la rigueur de L’Enfer des zombies, l’histoire est peu palpitante à suivre, les personnages pas très intéressants l’ensemble souffre de sérieux trous d’air. Le seul véritable intérêt tient dans les tableaux macabres orchestrés par Fulci qui installe une atmosphère oppressante à souhait. Rues désertiques dont les nuits sont traversées de cris indicibles, cimetières brumeux semblant toujours vouloir laisser surgir l’innommable, cadrages ambigus sous-entendant autant la menace que la folie douce, Fulci déploie avec brio tout l’arsenal de l’imagerie gothique. Et dès qu’il décide de se montrer plus explicite, c’est un festival de visions infernales. La sidération se dispute au dégoût dans un ode à la putréfaction contaminant les chairs et les bâtisses comme un véritable virus d’outre-tombe. Le score de Fabio Frizzi ajoute encore à cette tonalité lugubre et mystique, portant les effets-chocs de Fulci même quand ils ne font pas toujours mouches ou s’avèrent trop gratuits – ce père joué par Venantino Venantini assassinant sauvagement le copain de sa fille. Il est bien dommage que cette inspiration formelle serve un récit aussi creux, car passé les morceaux de bravoure on ne retrouve pas cette angoisse de fin du monde qui conférait toute sa portée à L’Enfer des zombies. Il y a un vrai équilibre à trouver en poésie macabre et propos, que Fulci atteindra avec plus de brio sur L’Au-delà sans doute.Disponible en blu-ray chez Le Chat qui fume







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