Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com et suivre le blog sur twitter à http://twitter.com/#!/JustinKwedi

Pages

vendredi 8 juillet 2011

L'Inconnu du 3eme étage - Stranger on the Third Floor, Boris Ingster (1940)


Le reporter Michael Ward est le témoin clé du procès qui s'ouvre contre Joe Briggs, accusé de meurtre. Jane, la fiancée de Michael, croit en l'innocence de Joe Briggs et parvient à le faire douter sur son rôle dans ce procès. Tourmenté par des rêves dans lesquels il se voit accusé de meurtre, il commence à culpabiliser...

Souvent qualifié de premier authentique film noir réalisé à Hollywood, un film très inégal et un peu poussif mais pas dénué de qualités. On retrouve effectivement plusieurs éléments qui deviendront des figures imposées du genre, tels la voix off (ici très maladroitement utilisée et donc envahissante) traduisant l'état mental du héros et surtout l'influence de la psychanalyse et l'expressionnisme allemand, qui culmine lors d'une mémorable séquence de rêve, meilleur moment du film.

Le héros fait un cauchemar où il se voit accusé du meurtre de son voisin qu'il détestait et où le piège se referme de manière tout aussi injuste que pour l'homme contre qui il a témoigné en début de film, les situations rêvées renvoyant de manière plus outrée et terrifiante à celle bien réelle que l'on a vu précédemment pour le condamné, avec juge indifférent pressé d'en finir et jurés distraits dont l'opinion est déjà toute faite. Tout cela est malheureusement très lourdement amené et l'intrigue vraiment poussive avec ses gros raccourcis faciles et sa conclusion bâclée (on ne se félicitera pas de la courte durée cette fois ci).

Ce qui sauve le film, c'est l'interprétation, notamment celle d'un Peter Lorre pitoyable et terrifiant à la fois, comme lors du face à face final bien inquiétant avec la fiancée du héros. Sa présence renforce l'effet de transition avec l'expressionnisme allemand (de nouveau un rôle de psychopathe pour lui) mais annonce aussi le futur du genre, ses rôles à venir, notamment dans Le Faucon Maltais de Huston. De même pour l'excellent Elisha Cook, ici en « accusé à tort », qu'on retrouvera bien plus tard dans L'Ultime Razzia. Pas vraiment mémorable, mais une curiosité à voir pour son aspect relativement fondateur, même si manque clairement l'aspect urbain requis pour en faire un vrai film noir.

Sorti en dvd zone 2 français aux éditions Montparnasse

Extrait de la fameuse scène de rêve, j'ai peur de dévoiler la seule vraie bonne raison de voir le film d'ailleurs !

3 commentaires:

  1. Han le vieux recyclage furtif ni vu ni connu !
    C'est l'été, on profite du beau temps au lieu d'écrire de nouvelles chroniques ? Je ne vous félicite pas M. Kwedi ;)

    RépondreSupprimer
  2. Voilà j'étais probablement parti bronzer ce jour là ^^ dur d'avoir des lecteurs pointilleux et fidèles ! ;-)

    RépondreSupprimer
  3. Mais peut-on faire vraiment original quand tout a été dit et écrit sur certains films? Quelques guillemets peuvent parfois être utiles, certes... mais on va rester fidèles!
    Pour cet Inconnu du 3ème étage, un peu ennuyeux (s'il préfigure les grands films noirs, il n'en a pas le génie!), une chose reste mémorable et admirable : la photo et la mise en scène. C'est très beau esthétiquement, ce qui permet d'accepter le jeu expressionniste fort démonstratif et démodé.

    RépondreSupprimer