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lundi 11 juillet 2011

Le Bagarreur - Hard Times, Walter Hill (1975)


La Nouvelle-Orléans dans les années 1930, peu après la Grande Dépression. Chaney, un boxeur occasionnel, assiste à un combat clandestin à mains nues et propose une association au manager Speed. Chaney se révélant très doué, des combats de plus en plus "cotés" lui sont organisés...

Le temps d'un brillant début de carrière (les franches réussites furent moins manifestes passé l'excellent 48h hormis sans doute Extrême Préjudice) Walter Hill fut considéré comme le digne descendants des franc tireurs les plus talentueux de l'âge d'or Hollywoodien, de Robert Aldrich à Samuel Fuller en passant par le plus contemporain Sam Peckinpah pour lequel il écrivit le scénario de Guet-apens. Ces comparaison flatteuse viennent de l'approche de Hill, aux antipodes des canons esthétiques expérimentaux et stylisés du moment. Le récit est construit de manière à aller d'un point A à un point B de façon linéaire et sans digression ni fioritures narratives, les émotions naissent de la mise en scène simple et épurée ainsi que d'une caractérisation des personnages laissant toujours une certaine place au mystère quant à leur nature qui se dévoile plus par leurs actes que par leur paroles. Toutes ces qualités étincèlent dans Hard Time, premier film de Hill et ceux à venir.

L'histoire est donc ici des plus simple. Chaney (Charles Bronson) décide de s'associer au manager roublard et gouailleur Speed (James Coburn) sur le marché florissant en ces années de crise de la boxe clandestine. On assiste ainsi aux haut et bas de l'entreprise, de son lancement à sa conclusion, la tournure des évènements nous permettant de cerner progressivement les personnages. Charles Bronson est l'acteur idéal pour un réalisateur tel que Walter Hill.

Peu disert, en apparence uniquement motivé par le gain et évitant toute forme d'engagement trop profond, son Chaney est également un être à la droiture imperturbable et jaugeant autrui en un regard (voir la scène où il refuse sans ménagement l'offre de Gandil). Bronson prolonge en quelque sorte la figure de son légendaire Harmonica d'Il était une fois dans l'Ouest, mais sans le motif de la vengeance et le voile de mystère qui le rendait si fascinant. Ici il semble être un simple produit de la Grande Dépression souhaitant juste survivre tranquillement du gain de ses combats, faisant un pas en arrière lorsque la possibilité d'une relation sentimentale plus poussée se profile.

Comme souvent avec Charles Bronson, sous cet air taciturne se distille une profonde lassitude et mélancolie dans le geste et le regard qui permet de tout imaginer quand aux raisons de cette attitude et valant toutes les lignes de dialogues superflues. La facette plus chaleureuse est donc dégée par un excellent James Coburn, parfait en manager flambeur et risque tout. C'est par lui et ses problèmes financiers se développent finalement la facette dramatique d'une histoire aux enjeux réduits au strict nécessaire.

Ce ton tout en retenue fonctionne également pour les différents combats émaillant le film. La simplicité de Hill y fait merveille, la caméra est au plus près des combattants, le découpage sert au mieux les mouvements et les différents coup portés (très bon montage de Roger Spottiswood) et quelques plans en plongée sur l'arène permettent de définir l'évolution des personnage dans le cadre de l'action.

Bronson sec et affuté n'est que vélocité et précision enchaînant les esquives inattendues et les coup dévastateur (ce premier combat où il allonge un adversaire d'un coup de poing) mais Hill n'en fait pas un être indestructible pour autant et c'est bien son intelligence et sa tactique (le combat le plus dur en conclusion sera celui dont il n'a pu observer son adversaire au préalable) qui lui permettent de décimer des adversaires plus jeunes et imposants.

Aucune musique où dramatisation exacerbée ne vient troubler les affrontements, l'émotion naît au rythme des halètements, des impacts de coup reçu et donné et des visages éprouvés des combattants. Cette absence d'artifice fait vraiment merveille notamment dans la tension extrême du dernier combat plus incertain. La belle conclusion est à l'image de la sobriété traversant tout le film, d'un sentimentalité diffuse mais bien présente et auréolant son héros d'une même opacité indéchiffrable. Belle entrée en matière pour Hill qui poussera ses principes à la quasi abstraction dans son second et meilleur film, l'excellentissime The Driver.


Sorti en dvd zone 2 français chez Columbia

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