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mardi 20 décembre 2011

La Sanction - The Eiger Sanction, Clint Eastwood (1975)


Jonathan Hemlock est un collectionneur d'art qui finance son hobby par des 'contrats' pour le compte d'un obscur cabinet. Il doit découvrir sa cible, un tueur russe, au sein d'une équipe d'escalade qui projette de partir pour l'Eiger...

La Sanction est un Eastwood mineur qui le voyait s’essayer néanmoins avec un certain brio (en tout cas plus que son autre tentative le plus mineur encore Firefox) au film d'espionnage. Le ton est typique de la paranoïa 70’s avec cette méfiance envers les institutions gouvernementales mystérieuses qui manipulent joyeusement tout le monde et visant des objectifs insaisissables. Eastwood adopte un ton particulier tout du long de l’intrigue, entre tension extrême et décontraction surprenante. Le film s'ouvre ainsi sur une glaciale scène assassinat qui laisse croire à un pur récit d’espionnage avant d'emprunter des voies différentes.

Ainsi la première rencontre entre Jonathan (Clint Eastwood) et le grotesque et bouffon sbire de Dragon donne le ton, ce même Dragon étant un commanditaire albinos vivant dans l'obscurité entourés d'infirmière dans une antre assez psychédélique. Tout est fait pour déstabiliser les attentes du spectateur, comme lorsqu’après une scène de meurtre (permettant de découvrir les redoutables talents de tueur de Jonathan), on enchaîne sur une rencontre improbable et une scène romantique avec une hôtesse de l'air (qui aura ses conséquences) puis de virer à la franche comédie lors du stage de remise en forme d’Eastwood.

Chacun de ses moments léger un tempéré par un évènement sordide, ainsi l'entrainement assez comique (et festival d’instants machistes où le duo Eastwood/Georges Kennedy reluque à tout va et colle des mains aux fesses) se conclu sur un moment assez angoissant où Eastwood sera presque piégé. La caractérisation des personnages est tout aussi farfelue et atypique : Eastwood fait dans un registre classique avec ce héros désabusé alignant les répliques cyniques, Georges Kennedy campe lui un personnage goguenard qui s'avèrera plus dramatique qu'il n'y parait le traître que joue Miles Mellough force quelque peu le trait quant à son homosexualité caricaturale (il a un chien nommé Faged !).

A vrai dire on ne sait pas trop ce qu’Eastwood a réellement cherché à faire. Le film s’inscrit dans les divertissements plus légers que son statut de star l’obligeait à faire alors que son intérêt se portait déjà vers des œuvres plus atypique et ambitieuse. Du coup pour ne pas totalement céder à la facilité, il donne cet entre deux entre ou le vrai suspense se dispute à la quasi parodie. Pas totalement convaincant mais cela donne une vraie curiosité.

C’est tout de même sur une note plus sérieuse que s’achève le film avec climax final haletant où Eastwood s'investit beaucoup physiquement) sur des scènes d'escalades impressionnantes. La paranoïa reprend ses droit lors de l’ascension du mont Eiger (dont on a quelques vues vertigineuses et où on devine les éprouvantes conditions de tournages), un traître se dissimulant parmi les alpinistes.

Le défi humain et physique est bien rendu (au point d'en oublier l'intrigue d'espionnage durant l'ascension pour s'attacher à la survie) il est sous-entendu que plus que sa mission c’est ce challenge qui semble constituer un véritable but pour un Jonathan désabusé de tout. Il est dommage que le film n'exploite pas plus cet aspect intéressant qui aurait définitivement rendu passionnant l’ensemble. Un petit Eastwood donc, mais tout à fait digne d’intérêt malgré tout.
Sorti en dvd zone 2 français chez Universal et pour les parisiens grande rétro Eastwood à la Cinémathèque en ce moment...

2 commentaires:

  1. Quatrième réal du gars Clint, fichtrement méconnue (entendez "par nous autres" !), ce thriller d'espionnage maniant les amples panoramiques (du désert US aux sommets de chez Ricola) et les punchlines les plus conventionnellement réacs* (racisme lite, sexisme de surface et franche homophobie... rien de bien méchant non plus tant tout est spectaculairement frontal), autant que les clichés du genre (volontiers abscons et/ou ultra-typés), file patiemment le personnage dirtyharryesque de l'Eastwood (même si on tentera de nous le vendre tout d'abord comme un prof d'art, amateur de toiles de maîtres (surtout Pissaro !) et refusant les avances de ses élèves, lubie apéritive aussi ironique que bigrement roublarde...) tout en préfigurant par ailleurs contextuellement la lointaine (alors) cinégénie d'actionners enneigés, et à la réussite variable, tels Cliffhanger ou Randonnée pour un Tueur...
    Sérieux, honnête, consciencieux, calibré et peu ramenard, un tantinet mineur aussi (passé un remarquable scope tout de même, occasion de plans assez remarquables !), voilà ce qu'au surplus on pourra arguer.

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  2. Content de voir un autre amateur de ce Eastwood, peu connu et/ou apprécié. Rien d'inoubliable comparé à ce qu'il fera après (ou même ce qu'il a fait avant Breezy ou L'Homme des Hautes Plaines -je devrais bientôt en recauser de celui là !- c'est d'un tout autre calibre) mais un divertissement efficace.

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