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jeudi 1 décembre 2011

Les Aventures Amoureuses de Moll Flanders - The Amorous Adventures of Moll Flanders, Terence Young (1965)



Au XVIIIe siècle, en Angleterre. A 17 ans, Moll Flanders entre au service d'un seigneur. Grâce à sa beauté, elle est bien traitée par les hommes de la famille. Elle épouse le fils cadet mais celui-ci meurt peu après la cérémonie. Moll part alors à Londres chercher l'aventure...

Si on fait exception de certains rôles chez son mentor Richard Quine (L'Inquiétante Dame en noir surtout), le Embrasse-moi idiot de Wilder ou Jeanne Eagles dans un registre plus dramatique, l'image de Kim Novak est plutôt associée dans l'inconscient cinéphile à un mélange de fragilité, de mystère et de séduction insaisissable et fascinante. L'actrice balaie cette étiquette avec une prestation comique de haut vol dans cette adaptation délurée du Heurs et Malheurs de la fameuse Moll Flanders de Daniel Defoe.

Si les élans picaresques provocateurs sous couvert de morale du livre sont respecté, l'intrigue du film en est quelque peu éloigné même si nombre de péripéties demeurent. Le rebondissement le plus scandaleux (le mariage accidentel de Moll avec son frère et l'enfant fruit de leur union) est ainsi judicieusement évité pour en rester une sensualité joyeuse et débridée tout au long du film.

La tonalité de Moll Flanders découle directement du succès du Tom Jones de Tony Richardson deux ans plus tôt et on y retrouve (avec moins de génie et d'excès) cette volonté de malmener le récit romanesque en costume à coup d'idées visuelles et narratives détonantes. On suit donc ici la vaine quête d'élévation sociale et de respectabilité de Moll Flanders (Kim Novak) orpheline d'origine modeste qui passe d'amant en amants pour atteindre son objectif. La nature innocente de Kim Novak ne disparait pas complètement et est même utilisée à des fins comiques comme lors de cette ouverture où en voix off elle narre sa vie vertueuse et éduquée quand à l'image on la découvre servante peu farouche assaillie par ses maîtres.

Kim Novak remplaçait Diane Cilento initialement prévue (et déjà dans Tom Jones) initialement prévue au côté de Sean Connery finalement remplacé par Richard Johnson (marié à Kim Novak à ce moment là). L'actrice semble donc s'en donner à coeur joie avec ce rôle décomplexé où le décolleté pigeonnant elle minaude, surjoue et dévoile une palette comique trop peu exploitée, un régal. Pour l'accompagner un joyeux casting ou on croise George Sanders en vieux pervers, Lili Palmer reine de l'arnaque ou encore un hilarant couple de noble surendetté Angela Lansbury/Vittorio De Sica (qui en fait des tonnes).

La narration décousue se divise en grands épisodes plaçant Moll dans un nouvel environnement où ses charmes l'aident ou lui portent préjudice. Le meilleur moment demeure la séduction avec la canaille Jemmy (Richard Johnson) où chacun pense l'autre riche et pense l'exploiter par un mariage et où la cupidité à bien du mal à prendre le pas sur le vrai amour naissant quand le subterfuge sera découvert.

La reconstitution est somptueuse dans un superbe technicolor et Terence Young dynamise l'ensemble par un rythme enlevé notamment une course poursuite finale survoltée et jubilatoire. Malgré un rythme inégal un sacré divertissement et Kim Novak sous l'aspect léger du rôle trouve sans doute en partie ses marques pour sa fascinante prestation schizophrène du Démon des Femmes de Aldrich trois ans plus tard...

Et malheureusement c'est pour l'instant inédit en dvd donc guetter éventuellement une diffusion sur TCM où il y a eu un cycle Kim Novak récemment.

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