Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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lundi 12 avril 2010

Tom Jones - Tony Richardson (1963)


Un virevoltant et très novateur dynamitage du film en costume qui anticipa toute la vague des films délirant pop psyché à venir durant la décennie. Adapté d'un classique anglais de Henry Fielding, on suit les aventures du jeune Tom Jones, enfant illégitime élevé dans la campagne par un noble anglais. Doté d'un talent certain pour s'attirer les pires ennuis, il se retrouve chassé de chez lui à tort suite aux manipulations de son frères adoptif. C'est parti pour une suite d'aventures et de rencontres délirantes où il va essayer de lever le secret de ses origines et surtout gagner le coeur de sa bien aimée Sophie (joué par la charmante Susanna York) que le destin s'acharne à constamment éloigner de lui.

Raconté comme cela ça a l'air de donner dans le drame romantique et social en costume classique sauf que pas du tout. Tony Richardson applique un traitement cartoonesque, psyché et non sensique (et surtout avant que ce soit complètement à la mode le film datant de 1963) à son film qui offre un spectacle classieux (reconstitution splendide décors comme costumes dans l'esprit des meilleures productions anglaise du genre) et totalement distancié à la fois. Arrêt sur images incongru, narration en voix off so british moqueuses, des acteurs qui interpelle le spectateur en plein action, retour en arrière intempestifs, tout y passe. On peut ajouter aussi des séquences filmées en dépit du bon sens (dont une partie de chasse visuellement chaotique et bien barbare) à coup d'accélérés ou de zoom agressifs pour un grand moment de folie furieuse.

Les personnages sont au diapason à commencer par le héros campé par un Albert Finney génial. Donc Tom Jones tout en gardant le côté candide et innocent du héros romantique est coureur, buveur et bagarreur, aux antipodes d'un Darcy. Face à lui des des paysanne à la cuisses légères aux visages crasseux, des hommes tous pervers au visages rougeaud (l'alcool de la campagne c'est le meilleur) et aux dent gâtées... Ca ne vaut pas bien mieux lorsque l'intrigue se déplace à Londres sur la fin. Tout n'y est que perversions, mensonges et intrigues de palais (où Tom Jones aura fort à faire pour manoeuvrer dans ce monde hypocrite) et niveau reconstitution l'ambiance pouilleuses des bas fond est certainement plus proche de la réalité que nombre de films plus sérieux à l'esthétique léchée.


Bref malgré de petits défauts de longueur (2h à ce régime c'est un peu trop) un sacré spectacle entre l'académisme le plus pur (tout es bien qui finit bien ou presque la morale est sauve) et l'avant gardisme le plus délirant. Et puis rien que pour la prestation hilarante de Hugh Griffiths en propriétaire fermier rustaud et paillard c'est à voir. Judicieusement récompensé par 4 Oscars à l'époque et c'était tout à fait mérité.

Trouvable en zone 2 chez MGM pour pas très cher

2 commentaires:

  1. Pour l'anecdote, ce film que j'aime beaucoup, est unique dans l'histoire des oscars parce que trois des actrices secondaires furent nommées cette année là. Il faut dire que c'est, mine de rien, un des plus brillants casting anglais de l'époque avec, entre autres, les légendaires Joan Greenwood et Edith Evans (celle ci hilarante je trouve.)

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  2. D'ailleurs je suis toujours aussi étonné qu'un film aussi fou ait amassé une telle moisson d'Oscar. Les palmarès étaient bien plus risqués à l'époque on dirait...

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