Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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mercredi 14 avril 2010

Séduite et abandonnée - Sedotta e abbandonata, Pietro Germi (1964)


Agnès, sicilienne de 15 ans est séduite et mise enceinte par Peppino, le fiancée de sa sœur Matilde. Le père des deux femmes découvre tout et tente par tout les moyens d'étouffer le scandale...
Un film brassant les même thème que son Divorce à l'italienne avec lequel il constitue une sorte de diptyque sicilien (voir trilogie sur les moeurs italiennes si on ajoute Signore & Signori se déroulant lui à Trevise). Après l'impossibilité de divorcer, c'est sur le mariage forcé que s'attarde Germi à travers le destin de la jeune Stefania Sandrelli mise enceinte dans un élan de passion et dont le père va user de tout les stratagème pour garder l'honneur de sa famille intact. La première moitié est tout simplement époustouflante de rythme, d'idée et de situations rocambolesque. Le film s'ouvre sur une scène de séduction passionnée et torride où Germi se joue avec brio de la censure.


C'est ensuite la découverte de la petite famille avec en tête l'habitué Saro Urzi absolument extraordinaire en père tyrannique ne laissant pas une minute de répit à ses filles et obsédé par la vertu et l'honneur. L'idée narrative l'amenant à découvrir la grossesse de sa fille est épatante (en plus de témoigner de l'ignorance crasse des ruraux sicilien) suivi par des séquences de rage et d'hystérie en pagaille où il malmène la pauvre Stefania Sandrelli en cherchant à découvrir l'identité du père. Un mystère qui sera résolu dans une séquence brillante témoignant du l'amour du polar de Germi où Saro Urzi reconstitue en flashback saccadé la journée fatidique et découvre que le père n'est autre que son futur beau fils. Sûrement la comédie la plus sombre de Germi, même si on rit franchement les situations sont quasi insoutenable et il n'y a réellement aucun personnage à sauver.


On retrouve l'hypocrisie dénoncée par Germi avec des hommes réclamant la vertu pour leur femme mais près à courir la première donzelle venue (Aldo Puglisi est particulièrement infâme et lâche en fiancé), l'Eglise qui ferme les yeux tant que le scandale n'éclate pas au grand jour, les femmes qui et suivent aveuglément leur mari... Belle et sensuelle à se damner (elle a rarement été plus belle que dans ce film) Stefania Sandrelli est finalement tout aussi pathétique, enfermé par des coutumes archaïques et la religion et n'osant que trop timidement se rebeller ce qui causera sa perte. Seul défaut le scénario (co écrit par Germi et les géniaux Age-Scarpelli) se perd un peu trop dans sa dernière partie en démultipliant les stratagèmes (et notamment en réutilisant le crime d'honneur au centre de "Divorce à l'italienne) où Urzi tente le tout pour le tout du plus abracadabrantesque au plus pathétique pour sauver les apparences, le tout rallongeant un peu inutilement la conclusion.


D'ailleurs la fin est tellement sombre et désespérée que même les ultimes touche d'humour n'y font rien (contrairement à Signore & Signori où les pires horreurs passaient dans un grand éclat de rire) c'est la gorge serrée qu'on assiste à une conclusion vraiment horrible (avec une simili scène de démence/cauchemar bien oppressante) avec la scène de mariage la plus triste du cinéma.

Difficilement trouvable en dvd sauf dans une édition italienne sous titrée français heureusement. Ca devrait s'arranger prochainement Carlotta le ressort en salle le 16 juin prochain allez y !

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