Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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dimanche 11 avril 2010

Etrange Séduction - The Comfort of Strangers, Paul Schrader (1990)


Certainement un des films les plus étranges de la filmographie de Paul Schrader où son attrait pour la perversion et l'interdit s'exprime le mieux. Une première moitié de film montrant un couple Rupert Everett/Natasha Richardson en vacances à Venise où la beauté de la ville ne semble pas atténuer le manque de communication et l'éloignement progressif entre les deux. On a rarement vue Venise filmée comme cela, Schrader privilégie les ruelles vides, les coins bizarres où déambule notre couple en crise. Les monuments et zones touristiques ne sont aperçus que dans des ambiances très particulières, au petit matin où à la nuit tombante ce qui leur confère une étrangeté certaine et inédites.


Tout bascule avec la rencontre du mystérieux et impénétrable personnage de Christopher Walken qui lui prête son élégance et son excentricité. Les séquences se font de plus en plus onirique et vaporeuse (fascinant moment où la caméra déambule dans un bar tandis que Walken raconte un horrible traumatisme d'enfance) tandis que l'ambiance se fait sulfureuse et décadente lorsque le couple accepte de se rendre dans la demeure vénitienne d'époque de Walken. Le couple si froid jusque là se voit gagner par le démon du sexe, tandis que Walken et sa femme Helen Mirren les observe avec une délectation manipulatrice.


Schrader se lâche enfin et orne les demeures vénitiennes de ses fameux éclairages tape à l'oeil (plus discrets que dans La Féline ou un American Gigolo quand même) vert ou rose pastels. L'inspiration picturale de la Renaissance offre de véritables tableaux où se fondent nos protagonistes, les passions humaines se mêlant aux vestiges dans un tout bien tortueux. La photo de Dante Spinotti est somptueuse et le score de Badalamenti appuie encore l'aspect vénéneux du récit.

Malheureusement la magie s'estompe progressivement tant le propos se fait hermétique et l'intrigue avance peu pour une chute surprenante en forme de piège implacable. Sans doute le roman original réputé bien pervers (adapté ici par Harold Pinter tiut de même) est plus explicite mais au final je n'ai pas vraiment compris où Schrader a voulu en venir.

Disponible en dvd zone 1 et sone 2 chez MGM pour pas grand chose.

3 commentaires:

  1. J'ai envie de dire : enfin !!! On va avoir un aperçu de ta collection et de tes réflexions !
    J'ai hâte de savoir ce que ta pile de DVD a dans le ventre ...

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  2. La pile a de la réserve tu vas voir !

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  3. Un film par jour... T'es dingue. :) Courage.

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