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lundi 12 mars 2012

La Lettre - The Letter, William Wyler (1940)


Une nuit à Sumatra, des coups de feu éclatent, un homme sort d’une maison en titubant suivi d’une femme qui tire sur lui plusieurs balles de revolver. Leslie Crosbie a abattu Geoffroy Hammond, un ami de la famille qui aurait tenté d’abuser d’elle. Son mari, Robert Crosbie qui rentre d’une tournée d’inspection dans sa plantation de caoutchouc, appelle la police et son avocat tout en essayant de calmer sa femme. Tout le monde est prêt à croire sa version des faits, excepté l’avocat Howard Joyce chargé de la défendre.

The Letter est la deuxième incursion de Bette Davis dans l'univers de l'auteur W. Somerset Maugham après L'Emprise (1934) qui lui valut une de ses plus mémorable prestation. Le film est aussi l'occasion pour l'actrice de retrouver William Wyler qui sut déjà lui donner un inoubliable rôle de garce dans L'Insoumise (1938). Ces deux éléments annoncent clairement La Lettre comme un véhicule pour une nouvelle grande performance à Oscar pour l'actrice.

De ce point de vue là c'est fort réussi (avec évidemment nomination aux Oscars), l'actrice est une nouvelle fois extraordinaire d'ambiguïté avec cette femme séductrice, manipulatrice, meurtrière et amoureuse éperdue. Passant de la fragilité à la séduction en un clin d'œil, Bette Davis dissimule sous les lunettes de cette aristocrate rangée un être volcanique et passionné. Elle fascine comme souvent mais malheureusement sorti d'elle l'ensemble peine à susciter un réel intérêt.

La scène d'ouverture typique de William Wyler est pourtant fabuleuse, débutant par un long plan séquence arpentant la quiétude nocturne d'une plantation et bientôt brisée par le son d'un coup de feu. On assiste alors à un meurtre brutal où Bette Davis comme possédée abat violemment un homme, s'acharnant sur son corps pourtant déjà inerte au sol. Dans le ciel, les nuages assombrissent le clair de lune puis le révèle, comme pour placer l'héroïne face à la folie de son acte. C'est ces quelques fulgurances visuelles de Wyler qui maintiennent une certaine attention (direction artistique assez irréprochable d'ailleurs belle photo de Toy Gaudio, excellent score de Max Steiner).

On retiendra également le face à face entre Bette Davis et la veuve de sa victime où une Gale Sondergaard troublante d'exotisme fait une apparition digne de la Ona Munson de Shanghai Gesture (qui contient toute la fièvre et le dépaysement qui manque ici). La conclusion tragique superbement filmée par Wyler suivant Davis jusqu'à sa destinée logique est somptueuse également, avec à nouveau la lune qui vient dissimuler puis révéler les éclats de cette violence.

A part cela on s'ennuie ferme. Les liens entre les personnages sont intéressant, que ce soit l'avocat rongé par sa conscience mais néanmoins séduit ou encore l'époux à l'amour aveugle bien mal récompensé mais James Stephenson comme Herbert Marshall ne soutiennent à aucun moment l'intensité du jeu de Bette Davis et s'avèrent bien fades. Les scènes de dialogues interminables s'enchaînent donc entre les rares éclats, le contexte colonial est à peine exploité, l'exotisme trop factice et malgré les 95 minutes le temps semble bien long.

Sorti en dvd zone 1 chez Warner (et donc multizone comme toujours avec eux) et qui comporte des sous-titres français.


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