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dimanche 23 octobre 2016

Sens unique - No Way Out, Roger Donaldson (1987)


Susan, la maîtresse du major Farell, est tuée accidentellement par Brice, le ministre de la Défense. Pour détourner les soupçons, Brice monte de toutes pièces une histoire rocambolesque d'espion russe infiltré au Pentagone.

Sens unique est la seconde adaptation du roman The Big Clock de Kenneth Fearing après le classique La Grande horloge (1948) de John Farrow plus contemporain du livre. La Grande Horloge était très fidèle au livre et empruntait tous les codes du film noir dans un suspense rondement mené et ludique grâce au charme de Ray Milland, le mémorable méchant incarné par Charles Laughton et la mise en scène virtuose de John Farrow. Le film de Roger Donaldson troque le milieu du journalisme de l’original pour celui de l’espionnage sur fond de Guerre Froide. Si cette refonte pouvait sembler novatrice à la sortie, elle vieillisse aujourd’hui grandement le film tant les chemins empruntés par l’intrigue incarnent désormais des clichés éculés du thriller des années 80/90.

La première partie du film met en parallèle le réalisme des enjeux et les rapports de force de ce monde politico-militaire avec la romance torride que vit le major Farell (Kevin Costner) avec Susan (Sean Young), maîtresse de Brice (Gene Hackman) qui est ministre de la défense et donc son patron. Le triangle amoureux entre femme, un jeune homme et son mentor sera traitée avec autrement plus d’intensité et originalité quelques années plus tard avec Revenge (1990) de Tony Scott de nouveau avec Kevin Costner. Là, Roger Donaldson ne laisse pas le drame réellement s’installer et faisant avancer l’intrigue au service du seul suspense sans éveiller l’émotion. 

La romance sert uniquement à composer de jolies cartes postales ou titiller le spectateur avec des séquences vaguement érotiques, et si Kevin Costner est charismatique et impliqué (très belle scène où il s’éclipse pour souffrir en silence de la nouvelle de la mort de Susan) on n’en dira pas tant d’une Sean Young sexy mais très superficielle. Le film souffre involontairement d’une lassitude provoquée par un déroulé largement copié par la suite dans ce type de récit. La paranoïa, la course-poursuite technologique et les barbouzes taciturnes sont autrement plus excitants dans un Ennemi d’état (1998, Tony Scott) et Gene Hackman en politicien véreux et psychotique plus convaincant et intimidant dans Les Pleins Pouvoirs (1997, Clint Eastwood). 

Les prémisses semblaient au moins conférer une vraie crédibilité à ce monde du renseignement militaire mais cela sombrera dans le grotesque quand la trame criminelle sera lancée et la réflexion possible sur l’idéalisme et la vertu politique balayée par le drame humain perd toute saveur quand l’éminence grise incarnée par Will Patton devient un psychotique grotesque. Le huis-clos final si intense dans l’original est ici artificiellement gonflé d’action (une longue poursuite urbaine totalement inutile) et de rebondissement éculé où il faut toute l’intensité de Kevin Costner pour maintenir l’attention. C’est vraiment un gâchis car l’intrigue poussive est au service d’un twist pour le coup vraiment mémorable et qui aurait mérité d’être bien mieux amené par ce qui précède. Malgré l’avis global assez sévère, Sens Unique s’avère néanmoins un petit suspense standard qui se laisse tout de même regarder mais qui s’oublie très vite.

Sorti en dvd zone 2 français chez MGM

 

2 commentaires:

  1. Quelle coïncidence que tu le critiques, je l'ai vu début octobre. Et j'ai regardé sans trop d'intérêt, le personnage de Sean Young est réduit à une énième victime expédiée de manière assez gratos (ah, qu'est ce que les années 80 aimaient bien ces personnages féminins assez décoratifs!), le méchant bras-droit de Gene Hackson est encore un cliché éculé de l'homosexuel pervers si cher au cinéma américain, et le film ne se laisse pas le temps de se développer.

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    1. C'est un peu un classique des rediff tv dans les 90's mais ça a pris un bon gros coup de vieux avec tous les clichés de l'poque effectivement. Le très beau twist semble avoir pas mal contribué à la réputation du film. Je te conseille quand même vivement l'original qui vaut bien mieux.

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