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mercredi 25 mai 2011

La Dernière fois que j'ai vu Paris - The Last Time I Saw Paris, Richard Brooks (1954)


Charles Wills, correspondant de guerre, épouse Helen, une américaine rencontrée à Paris. Mais le bonheur est de courte durée...

Un joli mélo où Elizabeth Taylor offre une de ses plus touchante interprétation. L'histoire est une adaptation de la nouvelle Retour à Babylone de F. Scott Fitzgerald où il s'inspirait en partie de l'animosité entre l'auteur et sa belle soeur Rosalind qui lui reprochait par son train de vie de contribuer aux problème mentaux de son épouse Zelda et tenta de lui arracher la garde leur fille une fois cette dernière interné. Le couple du film (et de la nouvelle donc) s'inspire grandement de celui bien réel et destructeur Fitzgerald/Zelda ainsi que des conflits qui naquirent entre eux durant leur séjour à Paris bien que la période passe du lendemain du crash de 1929 sur papier à celui de la Seconde Guerre Mondiale dans un Paris libéré à l'écran.

L'image de liberté symbolisée par Paris garde son sens néanmoins, sorte d'idéal propre à la romance en réponse à une période et des évènements douloureux. C'est ainsi qu'on le voit au début du film avec de glorieuse images de joie et de communion parmi lesquelles vont se rencontrer Van Johnson et Elizabeth Taylor qui échangent déjà un baiser furtif dans le tumulte sans se connaître. Brooks filme ce Paris euphorique de manière idéalisé avec une photo de Joseph Ruttenberg donnant une aura féérique au monument de la capitale, en captant l'énergie festive des multiples célébrations se déroulant en parallèle. C'est d'ailleurs ce qui offre une des plus belles scènes du film lorsque Elizabeth Taylor rejoint Van Johnson lors du premier allumage des lumières sur Paris depuis la libération et que lorsque tout s'éclaire en un regard échangé on ressent le coup de foudre qui saisit nos héros.

Le reste du film bien plus sombre ne fait alors que courir après la grâce de ses premiers instants dont le souvenir de bonheur s'éloigne de plus en plus. Tout les éléments qui réunissait le couple dans cette ouverture s'inversent progressivement. De ville animée Paris devient soudain un nid de tentations et de rencontres peu recommandable, de la nécessité heureuse on passe à une opulence faussement bénéfique lorsque le train de vie s'améliore. Les premières frustrations apparaissent alors avec les ambitions littéraires contrariées de Van Johnson et la dépression progressive de Liz Taylor. Cette dernière est aussi troublante en jeune fille délurée qu'en épouse mûre et malheureuse et offre une prestation splendide et contenue quant Van Johnson sans démériter s'avère un peu trop démonstratif dans les instants les plus dramatique.

On signalera au passages une des toutes premières apparitions de Roger Moore coureur prétendant de Elizabeth Taylor, Donna Reed excellente également en belle-soeur dissimulant sa jalousie et ses rancoeurs et un savoureux Walter Pidgeon en père immature. La structure en flashback alourdit un peu le film, autant au début que lors de l'épilogue et surligne inutilement ce qui se devinait sans se dire (la jalousie de Donna Reed) même si la conclusion s'avère touchante. Hormis ces petits défauts (dont quelques longueurs tout de même) un joli moment dont le titre plus touchant que celui de la nouvelle s'inspirait d'une chanson à succès de Joseph Kern (déjà entendue dans le film Lady Be good en 1941) dont la mélodie se fait entendre à plusieurs reprises durant le film.

Sorti en dvd zone 2 français chez Aventi mais la copie est assez moyenne donc mieux vaut éventuellement tenter le zone 1 mais là aussi il va falloir jongler entre plusieurs éditions douteuse pour trouver la bonne. Si quelqu'un le possède en zone 1 il pourra préciser l'édition à prendre en priorité en commentaires.

5 commentaires:

  1. J'ai la copie zone 2. Je serais moins indulgente que vous. Je ne la trouve pas moyenne mais plutôt assez pourrie.
    Je tenterai la zone 1 un de ces jours. Mais je n'ai guère d'espoir. C'est un problème de la copie de départ, elle-même déjà une copie. Y a plus qu'à demander à Scorsese une restauration...
    Quant à moi, c'est Van Johnson que je trouve excellent. D'ailleurs, ce type est sous-estimé. C'est vraiment un très bon comédien. Et, là, même dans les scènes clichés, au dialogues clichés, auxquels ce film n'échappe souvent pas, il est super convaincant. J'ai comme l'impression que Brooks lorgnait du côté de Henry King (Fitzgerald, Paris, les flash-backs, Taylor en copie de Gardner, etc....) Hélas, le flash-back n'est pas si facile à manier. Il faut dire que King est, à mon humble avis, un des grands maîtres de ce procédé. J'ai revu "Margie" il y a peu. C'est confondant de légèreté et d'esprit ! Et quelle direction d'actrice ! Jeanne Crain y joue une gamine de 16 ans, puis une femme de 40 sans le moindre problème de crédibilité alors qu'elle devait avoir quelque chose comme 23/25 ans!
    Lisa Fremont.

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  2. Margie je cours après ce King depuis longtemps, aucun dvd existant malheureusement. Pour "La dernière fois que j'ai vu Paris" le dvd a été réédité récemment mais chez le même éditeur je n'ai pas osé tenter je sens l'entourloupe avec un simple changement de jaquette...

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  3. "Margie" est passé il y a quelques années chez Brion. J'ai donc un DVD copié depuis une VHS. Loin d'être parfait, mais franchement, niveau couleurs, c'est mieux que le DVD de "The Last Time" !
    Si ça vous intéresse je peux vous en faire une copie ?
    LF

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  4. .... suite de mon message précédent:
    J'y pense... Moi, c'est "Wait Till the sun shines Nelly" que j'aimerais désespérément revoir ! J'ai le souvenir d'un Technicolor de Shamroy absolument renversant et d'une Jean Peters sublime !
    Si quelqu'un a ça dans un coin de tiroir...

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  5. Ah oui volontiers pour le dvd (vous avez mon adresse mail) heureusement que Brion ou TCM sont là pour nous alimenter pour certaines raretés introuvables ! Ceci dit avec Henry King on est plutôt bien servi j'avais même réussi à mettre la main sur une édition (pour rester cherz Fitzgerald) de "Tendre est la nuit" éditée en Espagne.

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