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mardi 3 mai 2011

La Blonde explosive - Will Success Spoil Rock Hunter?, Frank Tashlin (1957)


Rockwell Hunter est un publicitaire chargé de trouver un slogan sensationnel pour la promotion d'un rouge à lèvres, "le rouge qui tient". Il demande à une grande vedette d'Hollywood en voyage à New York, Rita Marlowe de déclarer qu'elle n'utilise que ce fard. Elle accepte à condition que Rockwell veuille bien passer pour son gigolo, afin de rendre jaloux son fiancé Bobo qui joue Tarzan à l'écran.

En 1956 avec La Blonde et Moi (The Girl Can't help it) Frank Tashlin réalisait une des comédies les américaines les plus inventives et révolutionnaire de son temps. Sorte de synthèse parfaite des influence de Wilder, Preston Sturges ou Hawks, le film intégrait à la perfection la notion de parodie, burlesque à tendance cartoonesque (univers d'où vient Tashlin et qu'il expérimenta dans un premier temps dans les films de Jerry Lewis et Dean Martin qu'il réalisa) et une vraie modernité de la forme par un ses multiples clins d'oeils au spectateur mais aussi un ton dans l'air du temps avec l'intégration de music rock'n'roll en pleine explosion. On y découvrait également le potentiel comique de Jayne Mansfield (jusque là cantonnée à des rôle plutôt dramatique dans des films noirs) en avatar hypertrophié de Marilyn Monroe provoquant des ravages sur son passage.

Réalisé un an plus tard, La Blonde Explosive semble donc mis en route pour capitaliser sur le succès de ce premier film, bien que Mansfield ait en fait déjà joué le rôle à la scène (pièce écrite par George Axlrod) avant même la mise en route de The Girl Can't Help it. Tout semble d'ailleurs en place pour rappeler la parenté avec son prédécesseur en amont lorsque Tashlin cherchera à réunir le couple Jayne Mansfield/Tom Ewell mais indisponible ce dernier sera remplacé par Tony Randall.

Dans le film le lien se fait dès le générique avec un Tony Randall qui interpelle le spectateur mais on déchante assez vite devant une histoire moins immédiate que The Girl Can't Help it, un Tony Randall loin d'avoir l'empathie de Tom Ewell et une Jayne Masfield qui avaint auparavant réussi à se rendre attachante sous ses formes voluptueuse et qui là semble sombrer pour de bon dans la caricature de la blonde écervelée. Tout cela est pourtant bien volontaire, si La Blonde et Moi se voulait une excroissance délirante de Sept ans de réflexion, La Blonde Explosive brouille les pistes sous ses allures de décalque pour ce qui cache en fait une authentique et féroce satire faisant feu de tout bois.

Rockwell Hunter (Tony Randall) est donc un publiciste au bord du renvoi faute d'une idée révolutionnaire qui va sauver sa tête en intégrant la star Rita Marlowe (Jayne Mansfield) à sa future campagne, cette dernière se servant de lui pour rendre jaloux son petit ami joué par le futur mari de Mansfield Mickey Hargitay. S'ensuit alors une série de quiproquos et de malentendus Hunter étant déjà fiancé mais devant jouer le jeu et accédant soudain à une notoriété et une réussite surdimensionnée. Le scénario se pose ainsi en portrait au vitriol de ce qui fait le clinquant de la success story à l'américaine à travers la célébrité et la réussite sociale.

La supposée idiote Jayne Mansfield est bien celle qui mène le jeu avec la manipulations des médias et un public ignare accroché au moindre de ses gestes, les femmes tombant en pamoison devant le charme très relatif de Rockwell "Lover Doll" Hunter et cherchant en tout point à lui ressembler (grandiose moment où la très ordinaire fiancée de Randall corset resserré se met à imiter les déhanchés et les petits cris de Mansfield). Le monde de l'entreprise est également mis en boite avec ses cadres ambitieux mesurant leurs élévation dans la hiérarchie à l'acquisition de leur toilettes attitrée. On a ainsi droit à un scène fabuleuse où au firmament de son ascension Randall se voit doté des clé de toilettes des cadres et que sous les trompettes et choeurs religieux il y pénètre d'un pas triomphant et assuré, il a atteint son objectif.

Tashlin raille à un tel point des rêves et des distractions de son public qu'il réserve son meilleur fiel à la télévision, nouvelle attraction du moment. Le générique du début préfigure tout les futurs délires des ZAZ de Hamburger Film Sandwich avec ses détournements publicitaires corrosif et comble de l'ironie Tony Randall (à l'origine star de la télévision) se moque de la télévision (et des drama, soap opera radio) le temps d'un interlude publicitaire (pour ne pas décontenancer les spectateur qui y sont habitué) où l'image raille le format étriqué et les sautes d'images du petit écran.

Jayne Mansfield fausse coquille vide et vraie génie comique montre là tout ce qui la séparait finalement d'une Marylin Monroe. Ce qui rend Marilyn si touchante c'est que même dans ses comédies elle semble finalement toujours subir ce sex-appeal ravageur, à l'inverse Jayne Mansfield (qui avait réussit à s'imposer avant d'être associée à cette image pulpeuse et du coup s'en amusait bien plus) en joue en poussant cet aspect dans les derniers retranchements. Les tenues les plus moulantes, flashy et dénudée s'enchaînent donc toutes les scènes, l'actrice en fait des tonnes à coup de déhanchés lascif et de petit cris idiot de satisfaction.

C'est pourtant bien son personnage qui s'impose comme le maître du jeu et connaît le destin final le moins artificiel (au bras de Groucho Marx !) car ne reposant pas justement sur la réussite social tandis qu'un faux happy end expédié pour la forme installe les autres personnages dans le même conformisme en dépit des apparences. Grand film tellement inondé d'allusions, de gags et de dialogues subversifs qu'il faut presque le revoir dans la foulée pour le savourer pleinement, tel une pique assez énorme contre les texan qui passe inaperçue au milieu de toute cette frénésie.


Sorti en dvd zone 2 français chez Wild Side et le tout aussi indispensable premier film Tashlin/Mansfield "La Blonde et moi" est quant à lui disponible chez Carlotta.

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