Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com et suivre le blog sur twitter à http://twitter.com/#!/JustinKwedi

Pages

jeudi 22 septembre 2011

La Reine des Vikings - The Viking Queen, Don Chaffey (1967)


Salina hérite du royaume de Bretagne la veille de la signature du traité partageant le pouvoir avec l'Empire Romain. Toutefois, la révolte gronde et menace cette paix fragile.
 
Au début des années 60 la firme Hammer décide d’élargir quelque peu son registre au-delà des seules productions d’épouvante qui ont fait sa gloire. Plusieurs films plus couteux que les méfaits de Frankenstein, Dracula et consort et plus tourné vers le grand public font donc leur apparition comme le film d’aventure She avec Ursulla Andress ou encore Un million d’années avant JC où Raquel Welch en peau de bête et les créatures préhistoriques en stop-motion de Ray Harryhausen éblouiront le public. La Reine des Viking, croisement de péplum et de film d’aventures se situe dans cette veine tout en conservant la fantaisie associée à la Hammer notamment la vision des vikings d’une fidélité historique très relative.

Inspiré très librement par le destin de la Reine Celte des Iceni (donc pas grand-chose à voir avec les vikings en réalité) Boudicca le film dépeint un contexte et des thèmes qui peuvent évoquer certains instants de La Chute de L'Empire Romain d’Anthony Mann avec la difficile cohabitation entre l'envahisseur romain et les peuplades colonisées, chacun des deux camps comportant son lot de fanatiques va t en guerre, un chef romain avide de pouvoir d'un côté, un druide exalté et manipulateur de l'autre. Le film n'approfondi pas plus que cela cet aspect, très simplement traité au final et privilégie le romanesque avec l'histoire d'amour impossible entre le gouverneur romain Don Murray et la reine des vikings jouée par la sculpturale Carita pour sa première apparition à l'écran.

Cela fonctionne plutôt bien avec un scénario idéalement construit dans la montée dramatique, l'alchimie réussie entre Murray et Carita nous impliquant immédiatement. Loin de la guerrière amazone que nous montrent les livres d'histoire, Carita campe avec conviction une reine indécise et constamment manipulée et victime du destin. Touche Hammer oblige, sa plastique affolante est largement mise en valeur entre les toges au décolleté plongeant et les tenues guerrières raccourcies autant que possible. Don Murray est très bon également en gouverneur Justinien aspirant à la paix et l'amour, et le reste du casting tout aussi impeccable avec notamment un Donald Houston grandiose en druide va t en guerre et Andrew Keir.

Depuis Jason et les Argonautes le savoir-faire de Don Chaffey n'est plus à démontrer et le film est visuellement très plaisant notamment les belles compositions de plan du magnifique cadre Irlandais. Si on ne nage pas dans le faste hollywoodien, c'est très soigné et impressionnant par moments (l'incendie du village entre autres) et le film joue bien de ses limites (bien mieux que certains péplums italiens fauchés en tout cas)comme la présentation qui explique que les Romains isolés aux confins des territoire sont en nombres limités (ce qui est une réalité historique), ce qui fait passer le nombre réduits (mais assez conséquent quand même) de figurants lors des batailles comme une lettre à la poste.

L'histoire est suffisamment prenante pour qu'on oublie que les batailles sont peu nombreuses et assez brèves dans l'ensemble, mais Chaffey filme très efficacement le tout comme cette embuscades furieuses des vikings dans la forêt où les troncs d'arbre tombent de toute part et un affrontement final intense avec un pic lorsque Salina décime des rangs romains à elle seules furieusement juchée sur son char. L’ensemble fait preuve d’un érotisme soft assez prononcé, entre l’armée d’amazones de Salina et ce moment fort suggestif ou Salina qui se fait fouetter. Un très bon spectacle donc, qui change un peu de la routine du péplum plus souvent abordés par les italiens et les américains.

Sorti en dvd zone 2 français chez Seven 7 dans la collection Hammer

2 commentaires:

  1. Vous parlez très bien de ce film, sans adopter le ton satirique que l'on pourrait utiliser pour ces péplums d'un autre âge... Ce qui fait la qualité d'un péplum (comme de tout autre genre), ce n'est pas la sophistication des effets spéciaux, et peut-être à part GLADIATOR qui se détache vraiment du lot, les péplums plus récents ont plus de mal à convaincre. Mais je n'ai pas vu tous les péplums récents...!
    Démodé certes, BEN HUR reste un très grand film, ainsi que LA CHUTE DE L'EMPIRE ROMAIN, LA TUNIQUE, et bien sûr SPARTACUS que je mets un peu à part.
    J'ai vu UN MILLION D’ANNÉES AVANT JC lors de sa sortie en 1966, dans un cinéma qui n'existe plus depuis longtemps boulevard Barbès à Paris, et la bande d'ados que nous étions avait bien "rigolé" (Ah! Raquel Welch!). Honte à nous! Les dinosaures étaient certes un peu artificiels et le scénario trop peu crédible ... Je ne classe pas ce film dans les meilleurs!
    Un site pour les amateurs de péplums :
    http://www.peplums.info/

    RépondreSupprimer
  2. Très bon site sur le péplum effectivement, plein d'infos passionnante j'aime beaucoup. C'est vrai que ces films peuvent avoir un côté désuet qui prête à la moquerie mais lorsque c'est bien confectionné et raconté avec savoir-faire il n'y a pas de raison de les prendre de haut comme des navets qu'ils ne sont pas.
    Dans les péplums récent j'avais plutôt bien aimé "Troie", le "Alexandre" de Oliver Stone (qu'il faut voir dans son final cut sorti en dvd pour pleinement l'apprécier) et bien sûr Agora. Grand amateur du genre !

    RépondreSupprimer