Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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vendredi 2 septembre 2011

Ipcress Danger immédiat - The Ipcress File, Sidney J. Furie (1965)


Dans une gare de Londres, un prestigieux scientifique se fait enlever sous les yeux de l’agent des services secrets qui le surveillait et que l’on retrouve assassiné sur le quai. Pour le remplacer, le Colonel Ross (Guy Doleman) des services secrets militaires britanniques, décide de redonner sa chance à son agent Harry Palmer (Michael Cain) et de l’affecter au service de contre espionnage du Major Dalby (Nigel Green). Harry Palmer était jusque là affecté à des planques minables suite à son insubordination.

Adapté d’une série de roman de Len Deighton, la trilogie consacrée au personnage de Harry Palmer a marqué l’imagerie du film d’espionnage des sixties. Tout à la fois à contre courant et classique du genre, cette série de films symbolise ses mutations à venir tout en obéissant à ses motifs les plus identifiables. Pour Michael Caine, ce sera le rôle qui établira définitivement son aura de star, tout en maintenant la personnalité véhiculée dans d’autres films, pour ce qui est indéniablement l’autre espion anglais des sixties.

En 1965, Harry Saltzman décide de s’émanciper de la lourde logistique de la série des James Bond qu’il coproduit avec Albert Broccoli (à qui il laissera les commandes lorsqu’il revendra les droits en 1975 après L’Homme au pistolet d’or). Il emmène dans son sillage pour ce projet parallèle quelques-uns des grands acteurs de la réussite des premiers James Bond : le compositeur John Barry, le décorateur Ken Adam ou encore le monteur Peter Hunt (futur réalisateur d’un des plus fameux Bond, Au service secret de sa Majesté). Pourtant ce qui leur sera demandé sera volontairement aux antipodes d’un James Bond.

Par cette volonté de tous les instants de s’éloigner du tombeur amateur de vodka martini, Ipcress est un pur ovni, même en comparaison des films d’espionnage plus conventionnels. La nature de Harry Palmer s’avère atypique en tout point, que ce soit son background peu glorieux ou son look austère, le tout affirmé dès sa première apparition peu glamour où on le voit préparant son petit déjeuner. Même les caractéristiques qui rendraient un Bond charismatique sont abordées de manière décalée, telle cette bagarre en pleine rue où il se bat comme le premier voyou venu, sans parler de sa manière de reluquer les femmes comme un gros rustre, loin de la séduction animale d'un Bond.

Le cadre londonien grisâtre, les services secrets anglais dépeints comme bureaucratiques et austères et l'enquête volontairement laborieuse concourent à un manque de panache et d’exotisme. Loin d’ennuyer, ce parti pris contribue à une pesante ambiance paranoïaque aux rebondissements surprenants jusqu’à la dernière seconde. Les velléités de réalisme qu’on a cru percevoir tournent court quand arrive l’inattendue résolution finale d’une trame proche d'Un crime dans la tête de Frankenheimer, autre grand film d’espionnage de l’époque. Sidney J. Furie (qui malheureusement pour lui, semble plus passer à la postérité pour sa médiocre saga des Aigle de Fer) délivre une réalisation incroyablement moderne et expérimentale, multipliant les cadrages et plans alambiqués porté par un mémorable score de John Barry.

Le travail sur l'image est constamment déstabilisant comme lorsqu'il prend le point de vue de la vision floue de Palmer sans lunettes lors de la conférence. Ni trop réaliste avec son intrigue fantaisiste, ni réellement « pop » et léger par sa froideur et sa retenue, Ipcress fit école dans le cinéma d’espionnage (notamment Le secret du Rapport Quiller qu'on a évoqué sur le blog) et installa définitivement Michael Caine au sommet. Harry Palmer connaîtra deux autres aventures durant la décennie, un plus conventionnel Nos Funérailles à Berlin (1966) réalisé par Guy Hamilton et le totalement fou Un cerveau d’un milliard de dollars réalisé par ce grand malade de Ken Russell. On reviendra dessus très prochainement.

Sorti en dvd zone 2 chez PVB mais l'éditeur ayant disparu l'édition est plutôt ardue à trouver désormais et plutôt chère. Mieux vaut se pencher vers le collector zone 2 anglais bien plus abordable et gorgé de bonus mais apparemment dépourvu de sous-titres...


4 commentaires:

  1. J'adore ce film et Michael Caine. J'adore aussi ton blog!!! C'est toujours un plaisir de te lire (et tu es aussi signalé parmi les blog que je préfère sur mon blog de cinema...)

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  2. J'aime beaucoup ton blog aussi ! Et je t'ai fait apparaître sur notre blog ciné !

    Quant à ce film, je l'ai de côté, et tu m'as donné envie de le voir sans plus attendre ! :D

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  3. Merci ! J'ai aussi fait apparaître ton blog que j'ai découvert il y a peu et où je vais souvent faire un tour ;-) Bon sinon vu qu'il y a des amateurs je vais causer des deux suites au plus vite moi !

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