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mardi 27 septembre 2011

Le Pigeon d'argile - The Clay Pigeon, Richard Fleischer (1949)


Traumatisé par la guerre et le camp dans lequel il était prisonnier au Japon, le marin Jim Fletcher a sombré dans le coma. À son réveil, il est accusé de meurtre. Afin de prouver son innocence, il s’évade et part avec ses anciens compagnons à la recherche du vrai coupable.

Tout comme avec son Enigme du Chicago Express réalisé un peu plus tard, ce Pigeon d'Argile fait partie des série B nerveuse sur lesquelles Richard Fleischer se fit la main au sein de la RKO (et démontrant une efficacité qui allait bientôt le mener à des productions plus prestigieuse. Fleischer signe ici un modèle de thriller, palpitant et tendu du début à la fin. Du réveil à l'hôpital de son héros amnésique à la conclusion, la tension ne se relâchera pas.

Mise en scène alerte et inventive de Fleischer, aussi bien dans la traduction du trouble de Fletcher et sa surprise devant l'hostilité qu'on lui témoigne (avant qu'il ne découvre qu'il est un traître), l'utilisation – plutôt originale pour l'époque – des flash-backs (surtout le dernier, vraiment surprenant) et bien sûr les scènes d'actions rondement menées (particulièrement lors d'une impressionnante sortie de route en voiture et une palpitante course poursuite à pied dans Chinatown).

Bill Williams, sorte de Mark Wahlberg avant l'heure (la ressemblance est étonnante, même dans le jeu), apporte une présence solide et fragile à la fois, bien secondé par la charmante Barbara Hale (future assistante de Perry Mason dans la série avec Raymond Burr), tandis qu’en opposition les méchants sont retors à souhait, notamment l'ancien geôlier japonais campé par Richard Loo. Seul petit défaut : le scénario sans doute un peu prévisible pour qui est rompu à ce genre de suspense hitchcockien, notamment tout ce qui tourne autour du meilleur ami joué par Richard Quine (encore acteur à l'époque), dont on a tôt fait de deviner les intentions louches.

La conclusion dans le train, remarquablement amenée, est sans doute aussi un peu trop brève (on pense forcément à celle, similaire et plus réussie, de L’Ombre d’un doute de Hichtcock). Le brio de Fleischer, son art de la concision et de la caractérisation des personnages dans l’action fait dans tous les cas plaisir à voir, le film durant à peine une heure. À méditer, à l’heure où le moindre blockbuster peine à descendre sous les 2h30…

Sorti aux Editions Montparnasse dans la collection RKO

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