Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com et suivre le blog sur twitter à http://twitter.com/#!/JustinKwedi

Pages

mardi 3 avril 2012

I Love You, je t'aime - A Little Romance, George Roy Hill (1979)


Deux adolescents surdoués, séparés par leur milieu d'origine, elle est fille de diplomate, lui fils de chauffeur, mais rapprochés par leurs passions communes, vivent une belle histoire d'amour à Venise auprès d'un vieil aventurier.

George Roy Hill signait un petit bijou de romance adolescente avec ce A Little Romance qui marqua les débuts à l'écran d'une toute jeune Diane Lane. Le film adapte le roman à succès E=mc2 mon amour de Patrick Cauvin, paru deux ans auparavant. George Roy Hill, tombé sous le charme du livre décidait donc de mettre son éclectique talent au service de cette jolie histoire d'amour. C'est sur scène qu'il repère Diane Lane où elle a fait ses premiers pas d'actrice dès l'âge de six ans tandis que le jeune Thelonious Bernard est lui est total novice. Face à ce couple de héros inexpérimenté, Hill place un solide casting d'acteur confirmé avec Arthur Hill, Broderick Crawford, Sally Kellerman et bien évidemment le grand Laurence Olivier en mentor farfelu (on entraperçoit même Dominique Lavanant en institutrice).

L'histoire conte une rencontre improbable entre deux adolescents que tout sépare. Lauren (Diane Lane) est la fille d'un diplomate américain installé à Paris tandis que Daniel (Thelonious Bernard) est lui issu d'un milieu plus modeste avec un père chauffeur et vit en banlieue. Leurs chemins se croisent par le plus grand des hasards lorsque Daniel en visite scolaire tombe sur Lauren s'ennuyant sur le tournage du film du nouvel amant de sa mère. Dès lors ils ne se quitteront plus, s'étant reconnu dans leur solitude et découvrant qu'une même curiosité les anime.

Tous deux sont des surdoués affirmés (elle) ou qui s'ignore (lui), Lauren étant déjà adepte lectures philosophique d'Heidegger tandis que Daniel a appris à parler couramment anglais au cours de sa cinéphilie dévorante et sa passion pour le cinéma américain et Robert Redford en particulier. Isolés de leur camarade leur facultés supérieures, ils vont donc vivre une passion précoce et touchante. George Roy Hill filme avec une justesse de ton idéale cette fragile romance, bien équilibrée entre candeur des premiers émois (le baiser sur le quai de métro) et loufoquerie qui permet de toujours échapper à la mièvrerie.

Nos adolescents n'en reste ainsi pas moins des jeunes de leur âges avec déjà la curiosité pour le sexe, entre le meilleur ami de Daniel obsédé par les grosses poitrines, où ce dernier dépité d'avoir été recalé des Trois Jours du Condor qui emmène sa belle choquée voir en porno en douce et elle-même se vantant auprès d'une camarade de ses ébats enflammés avec son beau français. Diane Lane est bien jolie et très attachante tandis que Thelonious Bernard témoigne d'un charisme certain et d'une belle fougue.

Le film est relancé à mi-parcours avec la séparation imminente due au retour du père de Lauren aux Etats-Unis. Leur temps étant désormais compté, les deux jeunes tourtereaux vont sceller leur amour en réalisant la légende que leur a compté le vieil affabulateur joué par Laurence Olivier. S'ils s'embrassent sous le Pont des Soupirs à Venise au coucher de soleil au tintement des cloches, ils s'aimeront pour toujours. On aura ainsi notre lot de rebondissements pour préparer l'impossible voyage jusqu'à Venise puis une fois en Italie une folle course-poursuite où nos héros échapperont à tous les obstacles pour réaliser leur rêve.

L'ensemble prend un merveilleux tour enlevé à travers de d'amusantes péripéties filmés avec grâce par Hill comme cette belle course à vélo dans Vérone où s'immiscent le couple. Laurence Olivier qui accompagne les enfants offre une épatante prestation avec ce personnage lunaire et gouailleur et véritable mentor encombrant du couple. C'est lui qui ranime la flamme dans un des plus beaux moments du film où la légende remise en doute il incite Lauren et Daniel de créer la leur et d'aller jusqu'au bout de l'aventure. Le montage alterné entre sa mine bienveillante et le couple s'adonnant à un baiser fougueux et maladroit sous une Venise au crépuscule est un pur moment de grâce porté par la divine musique de Georges Delerue (récompensée d'un Oscar).

Il en va de même pour le poignant adieu final où on est aussi triste que Daniel et Lauren de les abandonner. Une belle fin ouverte qui laisse la porte ouverte à tous les fantasmes pour des retrouvailles futures qui n'auront lieu que sur papier quand Patrick Cauvin décidera en 1999 de donner une suite à son roman (chose qu'il s'était longtemps interdit de faire mais la nostalgie l'emporta) avec Pythagore, je t'adore. Le film recevra un accueil critique favorable et de nombreuses récompenses notamment pour Diane Lane dont la carrière était lancée pour de bon alors que ce sera quasi l'unique rôle de Thelonious Bernard qui abandonnera le métier par la suite. Un beau moment.


Sorti en dvd zone 1 chez Warner (et comme toujours avec eux multizone et compatible à toute les platines) et doté de sous-titres français.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire