Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com et suivre le blog sur twitter à http://twitter.com/#!/JustinKwedi

Pages

lundi 30 avril 2012

Mangala, fille des Indes - Aan, Mehboob Khan (1952)



Le Prince Samsher Singh et sa sœur, Rajshree, règnent sans partage sur la région. Ils vivent dans un monde luxueux qui ne connaît aucune peine, aucune contrainte et aucune privation. Ils usent de leur force pour asservir un peu plus les villageois. Un jeune homme nommé Jai soulève cependant la grogne et mène un combat contre la royauté. Il séduit Rajshree et jure d’en faire sa femme. Mais cette dernière, pédante, refuse ses avances, tandis qu’une campagnarde amoureuse de lui se sacrifie pour le sauver d’une mort atroce. Dès lors, il jure de se venger.


Manga, fille des Indes est une sorte de réponse indienne aux péplums de Cecil DeMille où se ressent notamment une forte influence visuelle de son Cléopâtre. A l’instar de son modèle, le film en met plein la vue par sa splendeur visuelle de tous les instants : palais fastes et flamboyant, extérieurs majestueux et décors studios au charme (et au kitsch) qui évoquent autant les futures productions Shaw Brothers de Hong Kong que (pour demeurer sur l’influence Hollywoodienne) Le Magicien d'Oz. Pas de demi-mesure non plus dans la réalisation emphatique et soignée de Mehboob Khan qui s’ornent d’un technicolor chatoyant (c’est d’ailleurs le premier film indien filmé en technicolor) et d'interludes musicaux très réussis.

Cette débauche de moyen sert un scénario mêlant histoire d'amour et de lutte des classes. Malgré quelques lourdeurs et revirement surprenant typique de Bollywood (une longue scène de rêve bien psychédélique en milieu de film qui n’en finit pas) l’ensemble est très bien mené notamment le long jeu du chat et de la souris auquel se livre le couple vedette.

Le valeureux héros symbolise toute cette fierté d’un peuple bien décidé à ne plus être asservi, osant aimer cette princesse incapable de dépasser son arrogance malgré ses sentiments réciproque évident. Malgré une actrice au talent très relatif (Nadira amenée à devenir une des grandes stars de Bollywood par des prestations plus convaincante comme Shree 420 trois ans plus tard) l'évolution du personnage est vraiment bien développée, et la thématique du pouvoir à confier au peuple trouve une simplification bienvenue dans ce spectacle naïf, la victoire des opprimés se jouant dans l’amour que saura susciter le héros chez l’orgueilleuse princesse alors que sa rivale amoureuse Mangala (vraie héroïne finalement et emblème de cette noblesse de coeur des démunis) aux attitudes sacrificielles lui renvoie un bien piètre reflet d’elle-même.

Le méchant est très réussi (et roulant en Cadillac !) représentant bien le sentiment de toute-puissance et d'impunité des castes élevées et la jeune actrice jouant Mangala est parfaite de candeur et de sensualité.

Pour ne rien gâcher c'est bien spectaculaire avec des moyens pharaoniques (figurants à pertes de vues, bestiaire foisonnant) l'ouverture lors de la fête aux palais évoque le meilleur du péplum hollywoodien et le final palpitant avec son climax multiple particulièrement impressionnant.

Seul gros défauts mais relatif à tous les films Bollywood (surtout pour le néophyte) en général c'est vraiment trop long (2h40). Le film aura un succès gigantesque en Indes et, récompense suprême, il valut à Mehboob Khan les compliments d'un Cecil B. DeMille admiratif. La boucle était bouclée. Vivement recommandé car très accessible pour s’initier au bariolé cinéma de Bollywood.

Sorti en dvd zone 2 français chez Carlotta qui tenta pas mal de sortie Bollywood il y a quelques années comme l'autre classique d'époque "Sholay".

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire