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mercredi 5 janvier 2011

Marie Stuart, Reine d'Ecosse - Mary, Queen of Scots, Charles Jarrot (1971)

À la mort de son premier mari François II, roi de France, Marie Stuart est en butte à l'hostilité de sa belle-mère Catherine de Médicis et décide de regagner son royaume d'Écosse. Là, elle se retrouve prise dans les querelles qui opposent les catholiques, auxquels elle se rattache, et les protestants menés par son demi-frère. S'estimant légitime héritière du trône d'Angleterre, elle se heurte en outre à la reine Elisabeth Ière, une rivalité durable qui lui sera fatale...

Au cinéma les illustrations de Marie Stuart auront penchées vers les deux visions qu'en retient l'Histoire, la sainte martyre qu'à pu mettre en scène John Ford dans son Marie Stuart ou alors la complotrice ambitieuse tel que dépeinte dans le récent diptyque Elizabeth de Shekhar Kapur avec Cate Blanchett. Le film de Charles Jarrot entièrement centré sur la rivalité entre Elizabeth et Marie Stuart donne une version plus nuancée, peut être plus proche de la réalité, en tout cas passionnante.

Dès l'ouverture le fossé qui sépare les deux souveraines est frappant et le scénario met habilement en parallèle les motifs qui causeront la perte de l'une et la réussite de l'autre. Marie Stuart vit au crochet de son époux le roi de France qui va bientôt succomber à sa folie tandis que Elizabeth siège déjà avec autorité sur le trône d'Angleterre. Alors qu'Elizabeth enfant batârde a su se hisser jusque là à force de volonté et d'ambition ce désir ne naît chez Marie que sur l'insistance de ses proches qui la proclame Reine d'Ecosse après le décès de sa mère. Un nid d'intrigue et de complot va alors se nouer Elizabeth craignant une légitime prétention à la couronne de Marie mais cette dernière constamment victime de son coeur ne saura constituer une menace concrète.

Le film illustre en fait les deux choix auxquelles une femme au pouvoir doit se confronter à cette époque dangereuse. Elizabeth consciente de ses faiblesse (elle ne peut enfanter) a renoncée à céder officiellement à tout homme pour ne pas être dominée et rester son seul maître, quand Marie sera tout au long du film le jouet des hommes qui la manipuleront que ce soit son frère James (excellent Patrick McGoohan glacial) ou son second époux Henry (Timothy Dalton génialement pathétique en girouette ambitieuse et faible de caractère qui arbore en plus une belle teinture blonde). Vanessa Redgrave est fabuleuse et propose une Marie Stuart des plus pathétique, même sans connaître l'Histoire jamais on ne peut penser qu'elle vaincra tant elle cède à ses passions à contre courant des exigences du moment. Faible quand elle devrait se montrer ferme, et au contraire déterminée quand elle devrait faire preuve de souplesse (la conclusion où Elizabeth lui propose la vie sauve en échange d'excuses) c'est un personnages tout en émotions, capable de susciter l'adhésion mais dont les erreurs de jugements la trahissent constamment.

Jarrot oppose ainsi ce caractère à celui déterminé et calculateur d'Elizabeth magnifiquement incarnée par Glenda Jackson tout en posture rigide et autoritaire. Les rôles peuvent pourtant s'inverser comme lors d'un magistral face à face final (les deux actrice ne se croisent que deux fois durant le film) où Elizabeth bouleversée à l'idée de sacrifier une égale (et lui offrant une chance de survie) affronte la détermination de Marie bien décidée à la tourmenter pour toujours par son statut de martyre. Tout est fait pour créer une négation absolu entre les deux héroïnes, l'âge, l'attrait physique, l'aura lumineuse de Marie face à l'intériorité sombre de Elizabeth la chasteté supposée de l'une face aux multiples conquête de l'autre...

La trame historique est en dépit de quelques raccourcis nécéssaires bien respectée notamment les différents conflits politico religieux (catholique contre protestants) où chaque action d'une des deux reine se fait sous la menace d'une désapprobation d'une autorité religieuse ayant également son rôle à jouer et ses manoeuvres à organiser. La reconstitution est somptueuse et bien mise en valeur par la superbe photo de Christopher Challis (des petites choses comme La Renarde ou Les Contes d'Hoffmann au cv). Reste une mise en scène un peu trop sage de Charles Jarrot, mais c'est finalement un film entièrement dédié à son casting. Outre le duo vedette, Nigel Davenport prête une belle bestialité à Bothwell, Trevor Howard en éminence grise est tout aussi bon ainsi que Ian Holm en confident qui connaîtra une fin terrible. Très bon film historique donc qui instruit tout en passionnant. Superbe score de John Barry également qui concluait là une sorte de trilogie historique après ceux de The Lion in winter et The Last Valley dont on retrouve quelques élans ici.

Sorti en dvd zone 2 français chez Studio Canal

2 commentaires:

  1. Je n'avais jamais entendu parler de ce film, qui m'a l'air intéressant...

    Avoir l'occasion de découvrir Timothy Dalton les cheveux teints en blond, ça doit être une expérience, euh... intéressante, elle aussi.^^

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  2. Ca choque un peu au départ effectivement Dalton teint en blond mais ça sied bien au côté ridicule et peureux de son personnage. On est loin de James Bond en tout cas ^^

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