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samedi 22 janvier 2011

Bronco Apache - Apache, Robert Aldrich (1954)


Geronimo ayant déposé les armes, l’Indien Massaï se considère comme ‘le dernier des Apaches’, le seul ne souhaitant pas capituler dans la lutte de son peuple contre ‘l’homme blanc’. Capturé et mis avec ses frères de race dans le train qui les conduit dans les réserves de Floride, il s’en échappe. Il va alors traverser le quart des Etats-Unis afin de retourner auprès de sa tribu.

Bronco Apache fait partie avec En quatrième vitesse et Vera Cruz du tir groupé qui enflamma la critique française sur Robert Aldrich. Dans chacune de ses oeuvres, le réalisateur s'emparait d'un genre emblématique pour mieux le déconstruire et l'emmener ailleurs. En quatrième vitesse déployait ainsi un sadisme et une aura mystique jamais vue dans un film noir tandis que Vera Cruz peuplé de personnages vénaux et immoraux anticipait sur bien des points le western spaghetti. Bronco Apache est quant à lui un des tout premiers western pro indien réalisés à Hollywood.

Malgré le parti risqué, aucun manichéisme facile ici de la part d'Aldrich grâce à toute l'ambiguïté qui entoure le personnage de Massai formidablement interprété par Burt Lancaster (grimé et maquillé en indien il évite avec prestance le ridicule potentiel). Tout à la fois fier guerrier et dernier garant des valeurs de son peuple sous le joug de l'homme blanc et vrai bloc de haine incapable d'évoluer par la haine qu'il voue àla terre entière, c'est un héros assez ambivalent. Lancaster lui confère un mélange d'innocence (toute la partie où il découvre l'existence paisible des Cherokee) et de dureté s'alternant selon ses volcaniques humeurs tel le traitement qu'il inflige à Jean Peters quand il pense avoir été trahi.

Cette approche intelligente n'en rend que plus poignante la très belle relation entre Massai et Jean Peters (magnifique scène où elle escalade envers et contre tout les montagnes pour le rejoindre) et saisissant la cruauté ordinaire du racisme des blanc lors de la séquence en ville sans une nouvelle fois faire preuve de manichéisme primaire notamment grâce au beau personnage de traqueur de John McIntire (accompagné d'un Charles Bronson encore Buchinski dans un petit rôle). Le brillant scénario de James R. Webb est emballé de main de maître par Aldrich qui en capte toute les nuances et lui confère son énergie habituelle dans l'action notamment cette formidable séquence de guérilla où Lancaster met à mal l'armée US. Contraint par ses producteurs de renoncer à la conclusion pessimiste initialement prévue, Aldrich achève donc son film sur un poignant final. Bien des années plus il donnera une lecture inversée du propos de Bronco Apache avec le virulent Fureur Apache où toute la noirceur qu'il n'a pu totalement exprimer ici explose avec fracas.

Sorti en dvd zone 2 français chez MGM

3 commentaires:

  1. N'ayant pas vu ce film, je me fie à votre critique et vais le regarder... Aldrich, j'ai détesté dans "Fureur Apache" que j'ai trouvé insoutenable de violence, et adoré dans "El Perdido", magnifique et très symbolique de tout un monde qui se termine pour en ouvrir un autre!
    Quant au western "pro indien", il y avait déjà eu le superbe "Broken arrow" de Delmer Daves, en 1950, qui était une vraie "révolution" à Hollywood, puisque c'était un western humaniste.

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  2. Oui c'est beaucoup moins oppressant et plus humaniste que "Fureur Apache" Lancaster producteur avait sans doute un peu retenus les penchants violent de Aldrich. Mais le western ultime de Aldrich si vous ne l'avez pas encore vu c'est vraiment "Vera Cruz" un de mes westerns favoris un petit bijou. J'en reparlerai peut être ici prochainement ça me donne envie de le revoir tiens.

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  3. Nora, si vous repassez par ici, revoyez FUREUR APACHE. Très violent certes, mais moins simpliste qu'il n'en a l'air...
    Quant à VERA CRUZ, oui, c'est un bijou qu'on ne se lasse pas de revoir...

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