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jeudi 13 janvier 2011

Petulia - Richard Lester (1968)


Médecin à San Francisco, Archie Bolen est en instance de divorce. Lors d'un gala de charité, il rencontre Petulia Danner, jeune et charmante jeune femme qui lui annonce qu'elle désire l'épouser.

Américain d'origine, Richard Lester s'était pourtant fait connaître par ses films pop délirant qui des oeuvres pour les Beatles (A Hard Day's Night, Help...) en passant par Le Knack...Et comment l'avoir était des photographies du Swinging London exubérant des 60's. Petulia est le film du grand retour au pays et Lester va y déployer toutes les expérimentations des films précédents dans un but moins futile avec ce mélodrame puissant.

Tout commence par une rencontre en apparence anodine lors d'une soirée mondaine entre la pétillante et fraîchement mariée Petulia Danner et le médecin Archie Bolen. Tombée sous son charme dans des circonstances douloureuses qu'il ignore, Petulia va dès lors s'immiscer dans le quotidien de George C. Scott qui succombe peu à peu à cette femme perturbée. Petulia cache un lourd secret qui va progressivement se révéler dans une déroutante narration en kaléidoscope. Des inserts en flashback et flashforwards s'insèrent ainsi de manière toujours inattendue dans le récit au présent formant un puzzle dont l'émotion va croissante lorsque les évènements se révèlent. Richard Lester fait preuve d'une inventivité constante pour illustrer le chassé croisé de son couple.

La brutale et oppressante réalité alterne avec les atmosphères les plus oniriques et psychédéliques, portées par une photographie inventive de Nicolas Roeg. Le montage de Anthony Gibbs, habitué à ce type de narration alambiquées dans Tom Jones (traité en avril sur le blog) ou Le Knack déjà pour Lester accentue l'étrangeté du propos par ses transitions quasi expérimentales par instants, où le sens se devine plus par le ressenti que le vrai lien des séquences entre elles.

La description de ce San Francisco en pleine vague acid rock (le film s'ouvre d'ailleurs sur un concert de Big Brother and The Holding Company dont la chanteuse n'est autre que Janis Joplin encore inconnue) évoque bien sûr le traitement que Lester infligea à Londres mais ce n'est qu'un emballage superficiel pour une description de la ville pliée à la psychologie de Julie Christie.

Les séquences intimistes se trouvent transcendées par ce traitement hors normes. L'entrevue de Scott avec son ex femme (très beau second rôle de Shirley Knight) et les échanges amer qui en résultent offre un beau moment tout comme les échanges entre Julie Christie et Richard Chamberlain (loin des rôles de bellâtre à venir il est aussi doux que menaçant en mari abusif) chargés de tension. Alors que le début laisse à supposer à un personnage futile dans la lignée du Darling (évoqué en novembre ici) de Schlesinger, Julie Christie (brune pour l'occasion) se mue en grande figure tragique et résignée plus la conclusion approche pour un de ses rôles les plus poignants. Lester et Roeg (qui passé à la réalisation retrouvera Julie Christie sur Ne vous retournez pas) semblent vraiment envoûtés par elle tant l'objectif semble magnétisé par son regard mutin et mélancolique.

On n'attendait pas le rugueux George C. Scott en héros romantique et sa prestation tout en sobriété intense est surprenante. L'alchimie entre eux est palpable et fait magnifiquement décoller certaines séquences où tout passent dans leurs jeu de regard comme lorsque Scott est contraint la mort dans l'âme de la laisser aux mains de son mari et surtout cette entrevue muette lors d'un spectacle de pingouin. La musique de John Barry, superbe accompagne le tout par un thème entêtant et mélancolique. Le cachet 60's offre au film un charme rétro certain dans son cadre et son esthétique, mais c'est la force des grands mélodrames universels qui le guide.


Sorti en dvd zone 1 doté de sous titres français même si l'édition est dure à trouver à prix abordable, mais sinon pour les anglophones le dvd zone 2 anglais (sans sous titres donc) est trouvable pour pas très cher par contre.

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