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vendredi 18 novembre 2011

La Méprise - The Hireling, Alan Bridges (1973)

Lady Franklin est une aristocrate conduite vers la dépression par la mort de son mari. De retour à la vie après un séjour en maison de repos, elle fait la connaissance de Ledbetter, chauffeur de maître qui, à l'occasion de déplacements en voiture va l'aider à se retrouver. Mais Ledbetter, rustre touchant et ex-boxeur, va finir par tomber amoureux de la jeune femme.

The Hireling doit probablement son existence au succès du beau The Go-Between de Joseph Losey produit trois ans plus tôt et récompensé à Cannes. Le film de Alan Bridges pas tout à fait aussi brillant mais néanmoins réussi remportera d'ailleurs également ce même prix cannois à son tour. Le point commun entre les deux œuvres est d'être adaptées de L.P. Harvey et donc de brasser les mêmes thèmes de lutte des classes. Tragique et mélancolique romance entre deux être de milieux opposés (Julie Christie et Alan Bates) The Go-Between (roman écrit avant The Hireling) laissait néanmoins la possibilité d'un rapprochement avec une étonnante fin ouverte alors que La Méprise est un film bien plus cruel.

On y suit la difficile rémission de la fragile Lady Helen Franklin (Sarah Miles), jeune aristocrate dépressive depuis la mort de son mari. Forcée de quitter sa maison de repos pour se mêler au monde, c'est une femme chétive et apeurée qui se replie sur elle-même. Alan Bridges exprime efficacement et avec sobriété dans sa mise en scène cette confusion de l'héroïne, avec un sentiment de claustrophobie constant et une caméra qui se focalise sur des objets ou élément de décors en suivant le point de vue du personnage n'osant lever les yeux sur ce qui l'entoure. Sarah Miles (qui a étendu son registre depuis La Fille de Ryan) est des plus convaincantes.

Dans ce contexte Lady Franklin va s'attacher à la seule présence bienveillante et protectrice de son entourage, son chauffeur Ledbetter (Robert Shaw) qui est d'ailleurs son premier contact extérieur lorsqu'elle quitte l'hôpital. Méfiant et déférent, le rugueux chauffeur (dont on devine peu à peu la profonde solitude soulagée par ces moments anodins) finit par s'attacher à sa jolie passagère qui se livre à lui avec un basculement qui se fait lorsqu'elle choisit voyager à ses côté plutôt qu'à l'arrière de la voiture. Les sentiments du taciturne Ledbetter se devinent quant à eux lorsque les regards se font plus insistants sur Lady Franklin à travers la discrétion du pare-brise, symbole magnifiquement repris par l'affiche du film. La première partie illustre ainsi de jolis moments suspendus où l'on traverse et admire la campagne anglaise à travers les vitres de voiture tandis qu'une certaine complicité se noue lorsqu'on en sort et s'ouvre à la conversation.

La deuxième partie constitue un amer retour des choses à leur place. Lady Franklin désormais rétablie se remet à fréquenter la haute société et s'éloigne progressivement de celui qui l'a tant soutenue. Sarah Miles n'est cependant pas dépeinte sous un jour négatif pour autant mais les sentiments naissants redeviennent ce qu'ils auraient dû rester, de la bienveillance condescendante à l'image de ce cruel moment où Shaw feint un départ pour problème financier pour évaluer la réaction de Lady Franklin qui croit bien faire en lui signant simplement un chèque.

Robert Shaw est magnifiquement touchant lorsque lui si solide jusque-là perd pied car amoureux, d'autant que Lady Franklin noue une liaison avec un homme pâle et indigne d'elle mais de la même classe. Le film est un peu plus longuet quand il s'agit de montrer la détresse de Ledbetter mais offre des séquences marquantes à l'image de cette maladroite déclaration d'amour se voyant signifier le plus froid des refus, après tout il n'est que le chauffeur. La conclusion un peu abrupte frustrera l'amateur de grandes envolées romantiques mais est finalement à l'image de cette histoire d'amour avortée avant même de réellement exister.

Sorti en dvd zone 2 anglais et doté de sous-titres anglais

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