Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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vendredi 25 novembre 2011

The Game - David Fincher (1997)


Nicholas Van Orton (Michael Douglas), homme d'affaires avisé, reçoit le jour de son anniversaire un étrange cadeau que lui offre son frère Conrad (Sean Penn). Il s'agit d'un jeu. Nicholas découvre peu à peu que les enjeux en sont très élevés, bien qu'il ne soit certain ni des règles, ni même de l'objectif réel. Il prend peu à peu conscience qu'il est manipulé jusque dans sa propre maison par des conspirateurs inconnus qui semblent vouloir faire voler sa vie en éclats.

Brisé par un tournage éprouvant et sous pression, David Fincher avait tiré un résultat miraculeusement réussi de son Alien 3 mais dont il ne se montra jamais satisfait et reniant le film. Le fruit de ses frustrations et angoisses donna au suivant Seven toute la noirceur, le désespoir et le nihilisme urbain qu’on connaît pour ce qui est un des sommets des années 90. Remis en confiance par l’immense succès du film, Fincher allait décontenancer son monde avec ce qui reste son film le plus controversé et déroutant.

The Game suis donc le parcours de Nicholas Van Horn (Michael Douglas) un très riche homme d'affaire dont la vie vire progressivement au cauchemar lorsque le mystérieux jeu auquel il s'est inscrit sous l'initiative de son frère pour pimenter son quotidien, vire au terrorisme organisé.

Plusieurs films en un viennent ainsi compléter le puzzle qu’on doit en partie à Andrew Kevin Walker, déjà responsable du script de Seven. Tout d'abord on a thriller psychologique le plus paranoïaque qui soit, truffé de rebondissements où le danger peut venir de partout, de toutes les façons possibles, par l'intermédiaire de n'importe qui et à tout moment, maintenant le spectateur dans une tension perpétuelle. La mise en scène de Fincher est oppressante et claustrophobique au possible, ne lâchant pas d'une semelle un Michael Douglas qui passe de l’indifférence détachée à l’anxiété la plus appuyée. Plusieurs scènes sont particulièrement saisissantes de ce point de vue comme celle où le héros se retrouve dans un hall d'hôpital qui s'avère être factice et qui se vide de son personnel en un clin d'œil, on nage en pleine quatrième dimension. Toute aussi stressant est ce passage voyant Michael Douglas s prisonnier d'une voiture sans conducteur qui fonce s'échouer en mer.

David Fincher n’a jamais caché son admiration et l’influence qu’on put avoir sur lui les films 70’s de Alan J.Pakula. Ici on pense ainsi fortement à Klute (1971) et A Cause d’un assassinat (1974). Du premier on reconnaît un même usage des codes du thriller (et ce sens du malaise indicible) pour finalement dessiner le portrait et le parcours initiatique d’une âme troublée, ici Van Horton présenté au départ comme arrogant et solitaire mais dont cette nature es dû à la vision enfant du suicide de son père et des responsabilités qui en ont découlées, lui volant son innocence. Quant à A cause d’un assassinat on en retrouve la paranoïa véhiculée par une entité mystérieuse, groupuscule gouvernemental dans le film de Pakula alors qu’ici la menace ici s'avère abstraite et conceptuelle avec la société CRS.

The Game est finalement une réflexion sur la fiction sous ses différentes formes, que ce soit par l’intermédiaire du cinéma ou le jeu vidéo. Tout au long du film, on constate que plusieurs solutions alternatives se présentent selon les choix que pourrait faire Michael Douglas et on retrouve l'un des thèmes du futur Fight Club sur l'interprétation de la réalité et le fait que le tout soit peut-être dû à la folie du héros est suggéré à plusieurs reprise. Le jeu que suggère le titre est en fait celui destiné à trouver (de manière fort tortueuse) le chemin de la rédemption et de la paix intérieure pour Michael Douglas.

Ce n’est qu’en ayant franchi les différentes épreuves/niveau qu’il pourra prétendre à être un autre homme et vivre différemment. Le twist final qui tient autant de la fumisterie que du coup de génie s'inscrit parfaitement dans cette idée, un incroyable pic émotionnel laissant place à un ersatz de Surprise sur prise. C’est sans doute l’une des conclusions les plus culottées vues dans un film de studio américain (même si l’explosif final de Fight Club allait faire mieux) pour un Fincher majeur et passionnant qui mérite d’être réhabilité.

Disponible en en dvd zone 2 français chez Universal dans une passionnante édition collector

4 commentaires:

  1. Un bien beau film... j'y vois, pour ma part, de subtils mais discrets hommages à l'un de mes films favoris d'Hitchcock... Mais je pense que la controverse, ce serait plutôt l'improbable film suivant de Fincher, une vraie fumisterie celui-ci.

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  2. La Mort aux trousses pour le Hitchcock ? Allen John tu n'aimes pas Fight Club ! A la revoyure j'étais étonné de voir comme il vieillissait bien pour un film "générationnel" et avec le temps sous le côté provocateur le propos est finalement assez brillant. J'ai eu le sentiment qu'avec Social Network il avait fait la même relecture qu'entre Seven et Zodiac en traitant de questionnements proche dans une veine plus retenue et mûre (mais tout aussi virtuose sans être tape à l'oeil). Le seul où j'ai un peu de mal c'est Benjamin Button, déçu en salle mais il faudrait que je le revoie.

    Sinon pas si mal aimé que ça The Game ça fait plaisir !

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  3. Oui, pour le Hitchcock...

    Non, en effet, je n'aime pas Fight club, ça ne passe pas, malgré trois visions, dont deux en contexte "cycle", peu de temps après la sortie de The panic room, j'avais revu 'tout Fincher'. J'avais fait la même chiose au moment de Benjamin Button. Je pense en effet qu'il s'agit d'un film de jeunesse, dans lequel il laisse sa jeunesse s'exprimer, mais je ne me sens pas obligé de suivre... Concernant Social Network, il y a une véritable maturité qui vient en effet un peu oblitérer tout ça. Quant à Button, eh bien... Je fais partie des admirateurs. Sans réserve aucune.

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