Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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lundi 30 janvier 2012

Mille Milliards de Dollars - Henri Verneuil (1982)


Journaliste à "La Tribune", Kerjean apprend que l'homme politique Benoit Lambert a reçu un pot de vin pour faciliter une transaction internationale. Après son article, Benoit Lambert se suicide, en apparence. La rumeur était fausse. Comprenant qu'il a été manipulé, Kerjean se cache en province, d'où il entend faire éclater la vérité.

Mille Milliards de Dollars est une belle réussite de grand thriller politique subversif et paranoïaque à la française. L’intrigue complexe et ambitieuse est toujours d'actualité dans sa dénonciation du capitalisme sauvage à travers les méfaits d'une multinationale américaine aux agissements des plus douteux sous couvert de profits. Ce démantèlement du capitalisme est un des aspects les plus intéressant du film avec pas mal de moments forts comme l'interview entre Patrick Dewaere et Mel Ferrer (fabuleux en grand patron cynique) où deux visions du monde s'oppose, la réunion des directeurs de filiale tremblant de trouille devant un Ferrer les humiliant comme des enfants quand les objectifs ne sont pas remplis.

Le côté très démonstratif que peuvent avoir les scènes de révélations (avec de longs tunnels de dialogues) sont tempérés par les rebondissements constamment surprenant, la petite histoire de pots de vin de départ nous emmène finalement très loin jusqu'à la Deuxième Guerre Mondiale et les origines douteuses de la multinationale.

Henri Verneuil (également auteur du scénario et qui signe un de ses meilleurs et plus ambitieux films, prolongement de son excellent I comme Icare) fait preuve d’une inventivité constante pour éviter toute lourdeur avec de nombreux flashback ou encore de fausses images d'archives dans un traitement glacial qui confère toutes la crédibilité nécessaire à cette grande machination internationale. Patrick Dewaere est parfait en journaliste tenace et jusqu'auboutiste, et son jeu décalé amène un peu de légèreté et d'humanité (d'ailleurs la conclusion relativement optimiste surprend) dans un univers faisant froid dans le dos, d’autant que l’actualité récente montre que rien n’a changé, bien au contraire.

Extrait qui n'a pas pris une ride...

3 commentaires:

  1. Mille Milliards de dollars est le seul Verneuil que je connaisse et que j'ai fait connaître. J'ai trouvé ce thriller admirable par la vision "mégalomane" de la mondialisation
    (je trouve pas le bon mot). Je l'ai revu plusieurs fois, au début pour bien comprendre ce qui se jouait eaxctement dans cette guerre : l'argent américain construisait dans l'Espagne franquiste les armes meurtrières des allemands. Tous les personnages sont justes, jouent juste. Patrick Dewaere s'est suicidé, sa
    femme dans le film — son nom m'échappe — fut une
    merveilleuse actrice. Je l'ai vue souvent, et me souviens d'elle dans une version allemande de La Montagne magique, inspirée du roman de Thomas Mann. Elle a disparu, elle aussi, il n'y a pas longtemps.
    Le rythme du film vous coupe le souffle. Pour moi c'est un grand pollar (est-ce le mot juste ?) français

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  2. réponse en temps réel : tous ces noms qui m'échappaient sont là haut sur l'affiche : Caroline Cellier. toutes ces tentatives de meurtres perpétrées sur Dewaere (une cage
    d'ascenseur vide). Je crois que Dewaere jouait dans "les Valseuses" : c'est bien là qu'il va avec ses potes
    chercher Jeanne Moreau à la sortie de Fleury-Mérogis.
    Sa mort m'a touchée, comme vous touche le suicide d'un voisin. On faisait la queue ensemble chez Franprix.Romain Gary sortait tous les matins acheter ses journaux au métro Bac et s'installait à l'angle Bac / St Germain. Il s'est suicidé à deux pas d'ici, en face de la maison ou Losey a tourné Monsieur Klein. Jean Seberg a été retrouvée morte dans sa voiture, rue du Bac. Pour en revenir au film : c'est un sacré document sur le dessous des cartes, non plus américaines seulement, mais dans le monde entier (Poutine armant Assad, pour liquider la rébéllion meurtrière, en échange
    de tapis persans et de pétrole). Et toutes ces tribulations des Français dans le Maghreb, à commencer par la Libye. Vous savez "Just One", je peux pas me relire. Je pars à la recherche de James Dean si rien ne m'arrête en route (dans le Verneuil, le directeur du petit journal de province est un grand acteur de théâtre. Tout ce casting fut formidable, sans oublier le cynisme charismatique de Mell Ferrer)

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  3. Plutôt que le polar, le film s'inscrit plus dans le thriller politique très en vogue dans les années 70. Verneuil a donné autre avatar français majeur du genre avec I comme Icare excellent aussi. Sinon si c'est votre premier Verneuil pas mal de belle chose à découvrir vu qu'il a brillé dans tous les genres, des classiques du polar français (Mélodie en sous-sol), de beaux mélos dans les années 50 (Des gens sans importance, Les Amants du Tage) et sans doute le plus grand film de guerre français avec Weekend à Zuydicote. Un réalisateur injustement sous estimé pendant longtemps et considéré comme un faiseur par la critique mais le temps passant le réhabitlite de plus en plus et le place haut dans le panorama du cinéma français (Et je n'ai même pas parlé du magnifique "Un singe en hiver" son chef d'oeuvre !). Il a d'ailleurs eu droit l'automne dernier à une belle rétrospective au Festival Lumière.

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