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mardi 24 janvier 2017

Lightning Strikes Twice - King Vidor (1951)

Au Texas, Richard Trevelyan est acquitté du meurtre de sa femme Loraine lors d'un second procès car une femme du jury a refusé de le déclarer coupable. Alors qu'elle est dans un bus en route pour se reposer au ranch "Tumble Moon", l'actrice de théâtre Shelley Carnes apprend l'histoire de Trevelyan, de nombreux passagers pensant que ce riche propriétaire de ranch avait acheté sa liberté. En cherchant à se réfugier, elle se dirige vers une maison où elle rencontre Trevelyan.

Lightning Strikes Twice est un King Vidor atypique puisqu'il constitue une incursion inédite du réalisateur dans le film noir. Cela se ressent d'autant plus que par sa modestie, le film est une vraie anomalie dans cette période de Vidor, coincé entre les romances tumultueuses et les épopées de Une romance américaine (1944), Duel au soleil (1946), Le Rebelle (1949), La Garce (1949) et La Furie du Désir (1953). L'ombre d'Hitchcock plane sur le scénario de Lenore J. Coffee. On pense d'abord à Rebecca (1940) avec cette romance hanté par l'absence. L'actrice Shelley Carnes en cure de repos croise la route de Richard Trevelyan (Richard Todd) fraîchement acquitté du meurtre de sa femme grâce à un vice de forme. Fuyant, agressive et victime de l'opprobre populaire au vu de ce passif, Trevelyan trouble Shelley qui le pense innocent.

Toute la première partie rend les apparitions de Trevelyan furtive, tout en étant omniprésent tant il guide les interactions de Shelley avec les autres protagonistes obnubilés par lui. Générant passions secrètes et frustrations chez les femmes, jalousie chez les hommes et suspicions chez tout le monde, Trevelyan magnétise le récit - avec comme dans Rebecca cette mainmise symbolisé par un tableau/portrait de lui. Par la suite à travers la romance on pensera plutôt à Soupçons (1941) et une défiance entre les époux dont King Vidor joue avec la présence imprévisible de Richard Todd dont la tendresse dissimule toujours une tension latente.

Une des originalités du film est d'user d'une imagerie très différente du modèle Hitchcockien. Nous sommes dans un environnement de western (le film fut d'ailleurs tourné dans le propre ranch de King Vidor à Paso Robles en Californie et des grands espaces auxquels Vidor parvient à associer une atmosphère plus gothique. L'arrivée nocturne de Shelley sous une pluie battante dans un ranch désert est un moment assez saisissant, tout comme plus tard la photo de Sid Hickox fait basculer un décor romantique de nuit de noces en lieux de doute source de suspense.

Les extérieurs servent la passion et le désir naissant dans le même esprit que Duel au Soleil, Le Rebelle et La Furie du désir avec ce jeu entre le gigantisme et l'intime (le vertige physique et amoureux qui amène le premier baiser sur une corniche montagneuse) tandis que les intérieurs exprime l'angoisse. Le film patine sérieusement quand vient l'heure des explications bien trop expédiées quand à l'inverse l'introduction traînait en longueur. La désinvolture de la résolution et le jeu approximatif des méchants dessert complètement l'ensemble. Un Vidor mineur donc, mais singulier et pas désagréable dans l'ensemble.

Sorti en dvd zone 2 français chez Warner

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