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mardi 15 juin 2010

La Route des Indes - A Passage To India, David Lean (1984)



A leur arrivée en Inde, Mrs Moore et Miss Adela sont choquées par l'exacerbation de la discrimination raciale. Leur visite des mystérieuses grottes de Marabar prend des allures tragiques lorsque Adela sort d'une des grottes en courant, morte de peur et couverte de sang et d'égratignures. L'incident fera le tour de l'Inde ... et portera à leur paroxysme les tensions qui régnaient déjà dans le pays.
Dernier film du grand David Lean décédé quelques années plus tard alord qu'il s'apprêtait à réaliser une adaptation du Nostromo de Joseph Conrad. Le romanesque flamboyant de Docteur Jivago et La Fille de Ryan qui ont précédé est relativement délaissé ici pour s'attacher à un récit plus intimiste et l'étude de moeurs.

Plongée dans l'Inde britannique des années 20 où Lean dépeint toute l'arrogance et le mépris quotidien des anglais pour les indiens bien dans l'esprit colonialiste de l'époque. Lean décrit un rapprochement possible entre les deux communauté lorsqu'une vieille femme et sa future belle fille soucieuse de découvrir la vraie Inde se lient d'amitié avec un médecin indien local et s'engagent avec lui dans une grande expédition.

Alors que le film n'est pas loin de basculer dans la veine romantique typique de David Lean (avec un rapprochement entre Judy Davis et l'indien), un surprenant et mystérieux évènement ramène le récit sur terrain de l'opposition raciale avec les deux communauté s'opposant sur un fait divers accusant faussement l'indien. La justice sommaire et manipulatrice des anglais, les parti pris honteux et une communauté indienne au bord de l'explosion face à l'injustice montre le pays comme une poudrière des plus dangereuses tout en sonnant le glas des possibilités d'ouvertures entre les peuples malgré une conclusion plus apaisée.

Même si Lean a toujours mélangé le souffle de la grande aventure avec les conflits intérieur de ses personnages, là on sent un vrai croisement entre le ton plus posé et intimiste hérité de ses premiers films anglais (comme Brève rencontre ou De grandes Espérances) et l'imagerie grandiose qu'il se doit de donner en tant que maître du grand spectacle.

Du coup parallèlement à un récit essentiellement basé sur les conflits humains et les tourments psychologique, Lean délivre quelques images absolument prodigieuses dans une Indes paradisiaque et cauchemardesque à la fois. Parmi les meilleurs moments, la rencontre au clair de lune entre le médecin indien et Peggy Ashcroft, le voyage en train, la traversée à dos d'éléphant vers les cavernes le tout regorgeant de plans, cadrages et paysages inoubliables où on sent la patte du réalisateur de Lawrence d'Arabie.

Les acteurs sont excellents entre une émouvante Peggy Ashcroft en vieille femme tolérante, une fascinante et ambiguë Judy Davis, l'attachant Victor Banerjee en Docteur Aziz et surtout un étonnant et méconnaissable Alec Guiness en professeur indien mystique. Beau chant du cygne d'un très grand réalisateur.

Sorti en dvd zone 2 chez MGM mais le zone 1 de Columbia à l'image somptueuse (voyez les captures !) et aux nombreux bonus est nettement plus recommandé, d'autant qu'il comporte des sous titres français.

1 commentaire:

  1. Merci pour cet article très interessant. J'ai lu récemment le livre d'E.M. Forster dont le film de David Lean s'inspire, et apparemment, la trame du roman est respectée à la lettre ; le film lui confère sans doute un aspect plus spectaculaire. ;)

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