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mardi 29 juin 2010

Pain, Amour et Fantaisie - Pane, amore e fantasia, Luigi Comencini (1953)


L'histoire se passe à Sagliena, un village de montagne imaginaire dans une région perdue d'Italie. Vittorio De Sica interprète un maréchal de logis des carabiniers, Antonio Carotenuto. Entre deux âges il pense qu'il serait grand temps de se marier, et jette son dévolu sur la jeune Maria De Rittis (Gina Lollobrigida), surnommée la Bersagliera, dont il voudrait faire sa fiancée, mais elle est déjà amoureuse du subordonné timide de Carotenuto, Pietro Stelluti (Roberto Risso).

Avant la déferlante des comédies italienne méchantes amorcées par Le Pigeon de Monicelli, il y eut toute une vague de comédie populaire durant les années cinquante qui annoncèrent le mouvement. Ce Pain, Amour et Fantaisie est sans doute un de ces plus beaux spécimens en plus de constituer le premier film majeur de Luigi Comencini. Une vision truculente, touchante et ensoleillée de l'Italie qui constituera presque l'idéal de l'imagerie du pays pour les spectateurs du monde entier tant elle est réussie. Le film est surtout le fruit d'un formidable travail collectif tant Vittorio De Sica aura vampirisé le film à travers son interprétation chaleureuse du carabinier, Comencini ayant imaginé un personnage plus antipathique et un film plus incisif et moins tendre. Il aura bien le temps d'apposer sa griffe sur ses films suivants et on ne regrette pas la tournure qu'à pris le projet*.

Plongée dans l'Italie rurale des années 50, où le poids du commérage et de la piété à l'église fait loi, le tout brossé avec humour. De Sica se retrouve ainsi transféré dans ce coin perdu sinistre pour un célibataire où les coutumes et les non dit entraîne une série de quiproquos qui vont mener à un marivaudage charmant. De Sica passe ainsi de la pulpeuse Gina Lollobrigida à la douce Maria Merlini au fil de l'histoire sous le regard curieux des villageois adorant colporter les rumeurs. Les soupçons de néo réalisme sont toujours l'humour ayant remplacé la tragédie, comme la misère dans laquelle vit la famille de Gina Lollobrigida, la réaction en chaîne que provoque la trouvaille d'un billet de 5000 lires où tout le village priant la mort du riche propriétaire de la région quand il vient à se trouver mal.

Le tout s'englobe parfaitement dans le tourbillon amoureux du film et notamment la charmante amourette parallèle entre Gina Lollobrigida et un jeune carabinier timide. Lollobrida en paysanne rustre débordant de sexe appeal crève l'écran, l'exubérance typiquement italienne et terre à terre cotoyant le charme et la beauté du personnage dont Comencini se plait à mettre les forme en valeur, la future diva se dessinant peu à peu sous les atours de paysanne. Quelques scènes sont remarquables tel ce moment De Sica conte fleurette à Merlini entre deux accouchements, les remerciements exaltés à Saint Antoine et une très jolie fin qui met à mal un certains tabous de l'époque en parlant d'une fille mère. Un énorme succès qui entraînera 2 suites (2e volet excellent, 3e plus poussif on en reparle bientôt par ici), difficile à imaginer tant celui ci se termine idéalement mais l'ambiance bucolique est tellement agréable qu'on a effectivement envie d'y revenir.

* Dans les bonus on raconte même que dans les images d'un documentaire de Orson Welles venu rencontrer Gina Lollobrigida en Italie, une séquence montrait De Sica devant une table de montage où on voyait des images de "Pain, Amour et Fantaisie", confirmant son emprise sur le film.


Sorti dans une jolie édition dvd zone 2 mais privilégier le coffret regroupant les 3 volets, trouvable au même prix que les épisodes séparés bizarrerie commerciale.

Extrait

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