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jeudi 10 juin 2010

Mr Arkadin - Orson Welles (1955)


Richissime marchand d'armes, Monsieur Arkadin (alias Orson Welles) prétend être devenu amnésique et engage Guy Van Stratten (alias Robert Arden), un aventurier peu scrupuleux, pour qu'il l'aide à retrouver les principaux témoins de son passé avant les services secrets qui entament également une enquête sur lui. Il lui propose de préparer un dossier secret comprenant les principaux événements de son existence, moyennant une certaine rétribution. Van Stratten accepte. Seulement, à mesure que ces témoins éclairent l'enquêteur au sujet des activités d'Arkadin (avant qu'il ne devienne un magnat tout puissant), ils sont assassinés...

Un mystère révélé par un mourant en ouverture, une enquête en flashback sur un homme puissant, on reconnait bien là les éléments constituant le mythique Citizen Kane du même Orson Welles utilisé ici à d'autres fin. Réalisé par un Welles exilé en Europe et bénéficiant d'un bien moindre budget, le film est loin d'en atteindre la rigueur narrative et formelle (décors des plus cheap pour une enquête aux quatre coins du monde), en plus de bénéficier d'un interprétation assez inégale.

L'enquête s'avère bien nébuleuse avec les multiples rencontres de personnages haut en couleurs et grotesque du héros vénal, dévoilant avec parcimonie le puzzle du passé trouble de Monsieur Arkadin. Loin de l'esthétique classique du film d'espionnage, Welles orchestre un spectacle plus proche du futur Angel Heart de Alan Parker. Arkadin est interprété et filmé comme un ogre moderne et omniscient, avec des contre plongées saisissante sur son physique imposant, une atmosphère étrange et des raccourcis scénaristiques volontaires qui évoquent un cauchemar éveillé,surtout quand le terrible piège se referme autour du héros comprenant le véritable sens de son enquête.

L'ambiance navigue donc entre le film noir (la narration en voix off, la structure en flashback, le héros se croyant plus malin), l'espionnage et le fantastique pur. Pas totalement convaincant à cause de l'interprétation (Robert Arden peu charismatique, pas mal de seconds rôle en roue libre) et de quelques longueurs mais ça reste une fascinante variante de Citizen Kane, avec une figure encore plus puissante et monstrueuse.

Les éditions zone 2 française étant assez déplorable, privilégier l'import notamment la belle édition Criterion

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